L'Europe hausse le ton face à la Russie

La Britannique Theresa May a reçu un soutien appuyé du Français Emmanuel Macron et de l'Allemande Angela Merkel en marge du Conseil européen. ©EPA

La Russie est responsable de l'attaque de Salisbury, "il n'y a pas d'explication alternative plausible", estiment les Vingt-Huit chefs d'État et de gouvernement de l'Union. Qui entendent se coordonner sur "les conséquences" de ce constat. Les Européens aborderont, lors du sommet ce vendredi à Bruxelles, la relation post-Brexit avec Londres.

Les chefs d'État et de gouvernement européens ont relevé le ton face à la Russie, suite à l'attaque de Salisbury. Lors d’un Conseil européen à Bruxelles et pour la première fois, l'Union a marqué jeudi soir son accord avec Londres sur le fait qu'il est "hautement probable que la Fédération de Russie est responsable" de l’empoisonnement de Sergueï Skripal  et de sa fille sur le territoire britannique, "et qu'il n'y a pas d'explication alternative plausible". Lundi encore, leurs ministres des Affaires étrangères s'étaient contentés de "prendre très au sérieux l'évaluation du gouvernement britannique".

Les États membres indiquent qu'ils vont se "coordonner sur les conséquences à tirer à la lumière des réponses fournies par les autorités russes" - qui pour l'heure dément toute implication dans l'empoisonnement de l'ex-espion russe  par un agent chimique innervant, le 4 mars. Le Conseil ne précise pas dans quel délai l'Union attend des éclaircissement de la part de Moscou, ni de quelle nature pourraient être les conséquences en question.

"Comme avec l'Iran"

La Première ministre britannique Theresa May était venue chercher le soutien de ses pairs, soulignant à son arrivée à Bruxelles que "l'incident de Salisbury s'inscrit dans le cadre des attaques menées par la Russie contre l'Europe". La Russie multiplie les manœuvres hostiles envers les pays Européens, notamment par une propagande en ligne très active et des cyberattaques.

En marge de la réunion des dirigeants, le Premier ministre belge a souligné que cette "manière d'organiser des tensions (…) met nos démocraties à l'épreuve". Mais il a aussi insisté pour que les Européens ne perdent pas leur sang-froid. Il regrette qu'il n'y ait pas "un canal de dialogue permanent" pour gérer les différends avec la Russie, comme il y en a avec l'Iran dans le cadre de son programme nucléaire. "On parle au sein de l'UE beaucoup de la Russie mais peu avec la Russie", a-t-il dit en marge du sommet européen. Salisbury semble éloigner la perspective d’une reprise du dialogue structuré entre l’Union et Moscou : avant cette attaque, les divergences de vues entre les États-membres "étaient en train de s'estomper", estime Charles Michel.

Renforcer les capacités

Face aux menaces, les Vingt-Huit en appellent à une coopération plus étroite entre l'Union, ses États membres et l'Otan sur la résilience face aux risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires. Ils décrètent aussi que l'Union doit renforcer ses capacités face aux menaces hybrides, "notamment dans le domaine du cyber, des communications stratégiques et du contre-espionnage". Le Conseil demande à la Commission et à la Haute représentante Federica Mogherini d'avancer sur ce terrain et de lui faire rapport en juin.

L'Union européenne a décidé jeudi soir de rappeler son ambassadeur en Russie pour des consultations suite à l'affaire Skripal.

Protection totale des données personnelles

Les dirigeants européens ont aussi abordé l'affaire Facebook et réclamé une "protection totale" des données personnelles et de la vie privée. Pour rappel, Facebook est sous le feu des critiques après des révélations concernant la société britannique Cambridge Analytica, qui a exploité les données de 50 millions d'utilisateurs du réseau social à leur insu.

"Les réseaux sociaux et les plateformes numériques doivent garantir des pratiques transparentes et une protection totale de la vie privée et des données personnelles des citoyens", est-il écrit dans ces conclusions approuvées par les 28 dirigeants européens. "La législation européenne et nationale doit être respectée et appliquée."

Ils ont aussi validé ce jeudi la nomination de Luis de Guindos, ancien ministre espagnol de l'Economie, comme vice-président de la BCE.

→ Ce vendredi, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement aborderont, lors du deuxième jour de sommet européen à Bruxelles, la relation post-Brexit avec Londres.

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