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L'Europe lance l'incubateur HERA pour lutter contre les mutations du Covid-19

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veut accélérer la production de vaccins de deuxième génération. ©REUTERS

La Commission européenne propose de créer l'incubateur HERA, une nouvelle autorité visant à accélérer la recherche et la production de vaccins contre les variants du Covid-19.

La Commission européenne a dévoilé ce mercredi un plan pour préparer l'Europe à affronter la menace des mutations du Covid-19. Ce programme, baptisé "HERA Incubator", vise à créer un partenariat public-privé entre les chercheurs, les entreprises de biotechnologie, les fabricants et les autorités publiques pour détecter de nouvelles variantes du coronavirus, développer rapidement des nouveaux vaccins, accélérer les procédures d'approbation et accroître les capacités de production. Le projet HERA sera soumis aux dirigeants européens lors du prochain sommet des 25 et 26 février.

33
millions de doses
À ce jour, 33 millions de doses de vaccin ont été livrées en Europe, contre 53 millions aux États-Unis et 41 millions en Chine.

L'Union européenne (UE), très critiquée pour les lenteurs de sa campagne de vaccination, compte sur ce nouvel incubateur pour accélérer le processus de recherche et de production des vaccins en Europe face à la mutation du Covid-19. Pour rappel, la Commission européenne a constitué un portefeuille de 2,3 milliards de doses de vaccins contre le Covid-19 auprès de six laboratoires pharmaceutiques. Mais, à ce jour, 33 millions de doses de vaccin ont été livrées en Europe, contre 53 millions aux États-Unis et 41 millions en Chine.

"22 millions d'Européens ont reçu au moins une dose de vaccin, dont 7 millions ont reçu deux injections. Nous devons et nous allons accélérer la vaccination", a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. "Mais la situation évolue. Nous voyons de plus en plus de cas de mutation du virus. Jusqu'à présent, les vaccins semblent efficaces contre ces variants, mais ils sont plus infectieux, et plus il y aura de contaminations, plus il y aura de nouveaux variants."

"Nous devons faire en sorte que le séquençage du génome se passe plus vite."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

L'incubateur HERA vise à joindre les forces des secteurs privés et publics afin de produire des vaccins de "deuxième génération".

Accélérer le séquençage du génome

L'UE devrait affecter un montant de 75 millions d'euros pour développer des tests permettant de détecter ces nouveaux variants. Un effort particulier sera consacré au séquençage du génome du virus, avec l'objectif de le faire pour au moins 5% des tests positifs afin d'identifier de façon précoce les mutations. Pour l'instant, le niveau est de 1% en moyenne. "Nous devons faire en sorte que le séquençage du génome se passe plus vite", a insisté Ursula von der Leyen.

Un montant de 150 millions d'euros sera également débloqué pour faciliter l'adaptation des structures industrielles aux nouveaux variants.

Le plan prévoit aussi de lancer un réseau d'essais cliniques "Vaccelerate Covid-19", réunissant 16 États de l'UE et cinq pays associés dont la Suisse et Israël, pour échanger les données.

Accélérer les autorisations et la production

L'incubateur HERA a également pour objectif d'accélérer les procédures d'approbation de nouveaux vaccins par les autorités des médicaments en calquant le modèle du vaccin contre la grippe.

Le programme vise aussi à accroître les capacités de production des entreprises européennes. "HERA travaillera à la création d'un réseau de production", a indiqué la présidente de la Commission.

"Nous surveillons en temps réel l’évolution des capacités de production, et cela se passe plutôt bien."
Thierry Breton
Commissaire européen au Marché intérieur

Pour éviter les retards de livraison de vaccins, l'UE veut désormais "travailler étroitement avec les fabricants pour les aider à surveiller leurs chaînes d'approvisionnement et à résoudre leurs difficultés de production". C'est à cette mission que se consacre un groupe de travail mis en place début février par le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton. "Nous surveillons en temps réel l’évolution des capacités de production, et cela se passe plutôt bien", a précisé Thierry Breton. "Notre objectif est que notre continent soit à terme totalement autonome en production vaccinale."

L'UE a déjà investi 2,9 milliards d'euros pour accroître les capacités de production des laboratoires avec lesquels elle a conclu les contrats vaccinaux.

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