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L'Europe peine à approfondir la zone euro

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Ce jeudi, les ministres des Finances de l’Eurogroupe se pencheront sur la réforme de la zone euro, en vue du sommet du 21 juin. Deux chantiers importants n’avancent pas, le mécanisme de stabilité et le système européen de garantie des dépôts.

D’importantes échéances approchent pour l’euro. Le 21 juin, lors du premier sommet de la zone euro après les élections, les 19 dirigeants des pays dotés de la monnaie unique se pencheront sur l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM).

L’ambiance sera tendue. La veille, les Vingt-huit auront négocié les nominations à la présidence des principales institutions européennes (Commission, Conseil, Parlement, BCE et Haut représentant aux Affaires étrangères). Les divergences entre Paris et Berlin laissent présager un blocage du moteur européen, au mieux des ratés, qui pourraient laisser des traces.

L’approfondissement de l’UEM s’était imposé comme une évidence à la fin de la crise économique et financière. La crise finie, la plupart des dirigeants européens ont la tête ailleurs. En vue de l’Eurogroupe de ce jeudi et du sommet de la zone euro de la semaine prochaine, la Commission européenne a publié ce mercredi ses recommandations pour relancer la machine. Le document, d’une quinzaine de pages, exhorte les 19 à aller de l’avant.

> Pour (re)lire le bilan du mandat européen qui vient de s'achever: Une économie en cours de mise à jour

Des chantiers inachevés

"Cette volonté d’agir s’est affaiblie au fur et à mesure que l’économie s’est améliorée."
Valdis Dombrovskis
vice-président de la commission

"La crise a créé une volonté politique forte et un sentiment d’urgence pour prendre des mesures extraordinaires en vue d’achever l’Union économique et monétaire", résume Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, mais "cette volonté d’agir s’est affaiblie au fur et à mesure que l’économie s’est améliorée".

Le diagnostic est imparable. Plusieurs chantiers ont été ouverts en 2012, sous la Commission Barroso II. La Commission Juncker les a repris, en a ouvert d’autres. Sans pouvoir finaliser l’ensemble, la volonté des États européens faisant défaut.

Le projet de doter la zone euro d‘un budget digne de ce nom, lancé par le président français Emmanuel Macron, a atterri en mini-budget pudiquement appelé "instrument budgétaire pour la compétitivité et la convergence", pour ne pas cabrer les Pays-Bas et les États nordiques opposés à un budget de la zone euro. Ce nouvel instrument sera intégré dans le prochain budget de l’Union européenne, comprenant les 28 États, dont le Royaume-Uni.

"Nous avons besoin de nous assurer que les ressources sont disponibles avec certitude, et qu’elles le sont rapidement."
Valdis Dombrovskis

La Commission Juncker exhorte également les dirigeants européens à renforcer le Mécanisme européen de stabilité (MES), lancé en 2012, et à mettre en œuvre le "backstop", un filet de sécurité considéré comme la clef de voûte de l’Union bancaire. "Nous avons besoin de nous assurer que les ressources sont disponibles avec certitude, et qu’elles le sont rapidement", insiste Valdis Dombrovskis.

Le troisième pilier de l’Union bancaire, le système européen de garantie des dépôts, est à l’arrêt. Il est bloqué par Berlin, qui craint de voir ses épargnants payer les dettes des pays du sud. "Malheureusement, l’impasse sur ce projet est toujours là. Aucun progrès tangible n’a été réalisé", déplore Valdis Dombrovskis. L’Allemagne exige que le niveau de créances douteuses soit encore réduit avant d’introduire ce mécanisme.

Enfin, la Commission Juncker plaide pour un rôle international fort de l’euro, sur la base d’une consultation des industries européennes les plus demandeuses, comme celles de l’énergie et des transports.

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