L'Europe prête à négocier pour éviter les sanctions américaines

Cecilia Malmström, commissaire européenne au Commerce ©EPA

L’OMC a donné son feu vert aux Etats-Unis pour appliquer des surtaxes de 7,5 milliards de dollars sur des produits européens dans le cadre de l’affaire entre Airbus et Boeing. Des produits belges sont visés. L’administration Trump pourrait imposer ces surtaxes à partir du 18 octobre.

Un nouvel épisode de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’Europe a commencé avec l’annonce, par la Maison- Blanche, de l’imposition de surtaxes douanières punitives de 7,5 milliards de dollars sur plusieurs produits européens à partir du 18 octobre prochain.

Le couperet est tombé, quelques heures après que l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a donné le feu vert aux Etats-Unis pour prendre des sanctions à l’encontre de l’Union européenne dans le cadre de l’affaire des subventions à Airbus. Voici 15 ans que le dossier Airbus était ouvert à l’OMC. Le président des Etats-Unis Donald Trump, a qualifié cette décision de "belle victoire".

"Nous regrettons la décision américaine d’imposer des tarifs additionnels, mais nous notons aussi qu’ils souhaitent négocier avec nous pour résoudre cette question."
Daniel Rosario
Porte-parole de la Commission européenne

L’Union européenne, en réponse, a choisi d’éviter l’escalade. Dans un premier temps, du moins. "Nous regrettons la décision américaine d’imposer des tarifs additionnels, mais nous notons aussi qu’ils souhaitent négocier avec nous pour résoudre cette question", dit un porte-parole de la Commission européenne, Daniel Rosario.

En clair, la Commission Juncker espère trouver un terrain d’entente d’ici le 18 octobre. Dans les faits, "les Etats-Unis n’ont pas encore imposé de sanction à ce jour", relativise-t-il. Cette négociation permettrait de calmer le jeu, car le risque d’escalade est à nouveau bien réel. Pour rappel, le président Trump pourrait décider d’ici au 13 novembre d’imposer des surtaxes sur les automobiles européennes.

L’Union européenne prépare des représailles

En coulisses, la Commission fourbit ses armes. "La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, évalue toutes les options disponibles pour réagir, poursuit Daniel Rosario. Nous avons publié notre propre liste de produits américains sur lesquels nous pourrions appliquer des contre-mesures." Si les Etats-Unis imposent leurs mesures de rétorsion, "ils pousseront l’Europe à faire de même, et ce ne sera dans l’intérêt de personne", avertit le porte-parole.

Les surtaxes "toucheront d’abord et avant tout les consommateurs et les entreprises américaines."
Daniel Rosario
Porte-parole de la Commission européenne

Une autre procédure est en cours devant l’OMC dans le cadre du conflit entre les constructeurs aériens Airbus et Boeing, sur base, cette fois, d’une plainte des Européens. La décision est attendue pour début 2020. Cette fois, l’Union européenne pourrait se voir autorisée à imposer des sanctions aux Etats-Unis pour des subventions illégales qu’ils auraient versés à Boeing.

La Commission a préparé une liste visant plusieurs produits américains, dont les motos Harley-Davidson, les jeans et certains blousons. En attendant d’éventuelles représailles européennes, l’UE estime que les premiers touchés sont les consommateurs américains. Les surtaxes douanières américaines "toucheront d’abord et avant tout les consommateurs et les entreprises américaines", dit-il.

Des produits belges touchés

Les tarifs douaniers visent tous les pays européens, même si les premiers concernés sont les quatre principaux partenaires d’Airbus, la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni. Selon la liste des produits visés publiée par l’administration américaine, une surtaxe de 10% serait appliquée aux avions civils de plus de 30 tonnes construits par ces quatre pays.

Dans la liste des produits belges qui seront frappés d’une taxe de 25%, on retrouve le porc, des fromages et yaourts, le beurre, des fruits, des poires, cerises, pêches, des jus, du concentré de tomates et les moules.

Une surtaxe de 25% serait imposée sur les vins, les whiskies écossais, des fromages (Emmental, Gouda, Gruyère, Parmesan), huiles d’olive et olives de ces quatre pays. La liste exclut le Tokay hongrois, le Roquefort, l’huile d’olive et les olives italiennes, le chocolat, ainsi que certains fromages européens.

Sont également visés, le café et certains outils allemands (haches, tournevis, couteaux pliables). L’habillement anglais est visé (pull-over en laine, cachemire, costumes, pyjamas maillots de bains et literie). On trouve aussi dans la liste des produits belges, qui seront frappés d’une taxe de 25%. En particulier le porc, des fromages et yaourts, le beurre, des fruits, des poires, cerises, pêches, des jus, du concentré de tomates et les moules.

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