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L'Europe raffermit sa relation avec les Balkans occidentaux

Le président du Conseil européen, Charles Michel, présidera mercredi un sommet par vidéoconférence entre les dirigeants européens et ceux des Balkans occidentaux.

Les Vingt-sept, réunis en sommet avec les Balkans occidentaux, tenteront de rassurer ces pays quant à leur perspective d'intégrer l'Union européenne. L'Europe apportera également une aide de 3,3 milliards d'euros pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

Les dirigeants de l'Union européenne (UE) et des Balkans occidentaux se réunissent mercredi par vidéoconférence afin de relancer leur coopération. La rencontre devait, à l'origine, avoir lieu à Zagreb.

En pleine crise du coronavirus, l'UE entend rassurer les six pays balkaniques (Albanie, Bosnie, Monténégro, Macédoine du Nord, Kosovo, Serbie) quant à leur avenir européen. Mais des intentions à la réalité, il reste du chemin. 

"Nous avons la responsabilité spéciale d'aider nos partenaires des Balkans occidentaux, car leur avenir est clairement dans l'UE."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

Le sommet sera présidé par Charles Michel. L'Union a débloqué, le 29 avril dernier, une enveloppe de 3,3 milliards d'euros pour aider ces pays à lutter contre la pandémie de Covid-19 et soutenir leur reprise économique.

"Nous avons la responsabilité spéciale d'aider nos partenaires des Balkans occidentaux, car leur avenir est clairement dans l'UE", a résumé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Un important plan économique pour soutenir la région devait être au centre des discussions, mais le projet a été reporté en raison des urgences liées à la pandémie. La Commission européenne devrait être chargée de revenir lors d'une prochaine rencontre avec "un plan économique solide" destiné à "dynamiser les économies tout en améliorant leur compétitivité". 

Embellie

Ces derniers mois, la relation entre l'UE et les Balkans occidentaux s'est améliorée. L'Albanie et la Macédoine du Nord ont reçu le feu vert pour entamer des négociations d'adhésion. La France a levé son veto en raison de progrès réalisés dans ce pays en matière d'État de droit et de respect de la liberté de la presse. La Macédoine du Nord est allée jusqu'à modifier son nom pour faire avancer le processus.

Le sommet ne devrait pas déboucher sur de nouveaux espoirs, pour ces pays, de voir s'accélérer l'élargissement de l'Union européenne. Les négociations d'adhésion, déjà en cours pour la Serbie et le Monténégro, prendront encore plusieurs années. La Bosnie et le Kosovo n'ont toujours pas de statut de candidat à l'adhésion.

Les questions de corruption et de détournement de l'aide apportée depuis vingt ans par l'UE à la région restent vives. L'Europe devrait à nouveau insister sur une série de réformes importantes que ces pays devront réaliser pour franchir les fourches caudines de la grande famille européenne. 

Les dirigeants aborderont également la question de la stabilité politique des Balkans occidentaux. La pandémie de Covid-19 a emporté le 25 mars dernier le gouvernement kosovar.

Influence russe et chinoise

Pour bon nombre d'observateurs, l'Union européenne ne manifeste pas suffisamment son ambition d'intégrer les Balkans occidentaux. Cet attentisme et la lenteur du processus ne rassurent pas les populations locales. L'influence de pays moins regardant quant aux réformes démocratiques s'est accrue. La Chine, la Russie et la Turquie ont renforcé leur emprise sur ces pays.

Pékin et Moscou ont acheminé de l'aide, des masques et des tests, dans cette région pauvre dès le début de la crise de sanitaire et, surtout, multiplié leurs campagnes de propagande. L'Europe s'était rendue impopulaire mi-mars en adoptant un règlement limitant l'exportation de matériel médical. La Chine avait profité de la faille en envoyant des médecins dans la région, en médiatisant l'opération à outrance. 

3,3
milliards d'euros
L'UE mettra sur la table 3,3 milliards d'euros pour aider les Balkans occidentaux à lutter contre la pandémie de Covid-19 et soutenir leur reprise économique.

L'aide de 3,3 milliards est bienvenue étant donné les limites du système de santé de ces pays et la fragilité de leur économie. Pour l'instant, les Balkans occidentaux ont été épargnés par la pandémie, avec environ 500 morts sur 18 millions d'habitants.

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