L'Europe renforce sa coordination contre le Coronavirus

La Commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a souligné jeudi qu'aucune pénurie de médicament n'est pour l'heure signalée en Europe.

Les ministres de la Santé entendent se coordonner davantage pour prévenir la diffusion du virus, alors que la Chine a annoncé 15.000 nouveaux cas, jeudi. Ils veulent aussi prévenir des pénuries de matériel de protection et surveiller de près l’approvisionnement des substances actives composant les médicaments.

Mises en quarantaine des malades, contrôle des passagers: les États européens ont jusqu’ici pris des mesures "efficaces" face au Coronavirus et ont "un bon niveau de préparation", selon la Commission européenne, mais leurs ministres ont convenu jeudi, lors d’une réunion extraordinaire à Bruxelles, de "renforcer la coordination déjà existante".

Les ministres entendent aussi mettre en place des mesures permettant "d'identifier les contacts" qu’ont eu les personnes contaminées avant d’avoir été dépistées. Faire la liste complète de ces contacts relève de l'impossible, mais il s'agit, selon le ministre allemand Jens Spahn, de souligner que la prise de température des passagers aériens ne suffit pas. La période d'incubation du virus est en effet de quatorze jours au plus.

Il n'est pas prévu de restreindre la liberté de circulation au sein de l'espace Schengen, mais "si l'épidémie s'aggrave, nous entreprendrons de nouvelles actions", a fait savoir le Croate Vili Beros. D'autres, dont la Belge Maggie De Block, ont insisté sur la nécessité d'agir de manière "proportionnée" – alors que l’Italie a décidé de suspendre ses liaisons aériennes avec la Chine.

Le virus sur sa trajectoire

Jeudi, la commission nationale de la santé chinoise a annoncé 15.000 nouvelles contaminations par rapport à la veille, un chiffre record qu'elle explique par une nouvelle définition des cas d'infection. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que cette mise à jour "ne représente pas un changement significatif de la trajectoire de l'épidémie".

"Le risque en Europe existe et il peut s'accroître, nous devons donc être préparés pour ce genre de scénario."
Janez Lenarcic
Commissaire européen à la gestion des crises

Apparu dans la ville chinoise de Wuhan en décembre, le coronavirus, ou Covid-19, a atteint depuis décembre plus de 60.000 personnes et en avait tué mercredi soir 1.367 en Chine. Il est pour l'instant considéré comme une épidémie régionale, essentiellement concentrée dans la province chinoise du Hubei, et tout l'enjeu d'une coordination européenne et internationale est d'empêcher qu'il ne se mue en pandémie.

En Europe, aucune personne n'est décédée à ce jour de la maladie. Mercredi soir, l'Allemagne comptait 16 patients infectés – l'un d'entre eux a été déclaré guéri jeudi –, la France 11, le Royaume-Uni 9, l'Italie 3, l'Espagne 2, la Belgique, la Finlande et la Suède 1 chacun. Si le niveau de contamination sur le continent européen est "encore faible", a indiqué le commissaire en charge de la gestion des crises, Janez Lenarcic, le risque "existe et il peut s'accroître, nous devons donc être préparés pour ce genre de scénario".

Contrer le risque de pénuries

Un risque identifié par plusieurs ministres est celui de pénuries de matériel de protection médicale (gants, masques et combinaisons). Le conseil des ministres demande ainsi à la Commission d'envisager des marchés publics communs à l'échelle européenne pour l'achat de ce type de matériel.

"Les délais se sont nettement rallongés pour la commande de masques."
Michel Kempeneers
Directeur export-investissements à l'Awex

Le niveau des stocks en Europe ne fait pas encore l'objet d'une évaluation, alors que près de la moitié des de ces équipements sont produits en Chine. "Les délais se sont nettement rallongés pour la commande de masques", indique Michel Kempeneers, directeur du département export-investissements de l’agence wallonne à l’exportation (Awex), qui a coordonné l’envoi d’un convoi de dons de matériel de protection vers Wuhan, mardi.

Les ministres européens ont aussi demandé une évaluation du risque que pourrait représenter à terme une perturbation de la production chinoise de substances actives, qui entrent dans la composition des médicaments produits en Europe. Mais aucune pénurie n'est à signaler à ce jour.

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