L'Europe renonce à la "voie de l'escalade" face la Russie

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, ce lundi lors du Conseil des Affaires étrangères. ©AFP

Le chef de la diplomatie européenne a plaidé pour la désescalade après des sanctions russes contre des personnalités de l'UE et une valse d'expulsions de diplomates.

Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE, réunis lundi à Bruxelles, ont choisi de temporiser dans le bras de fer qui oppose l’Europe à la Russie depuis plusieurs mois. Les ministres devaient discuter de la réaction de l'UE aux sanctions prises par la Russie contre des personnalités européennes. Ils devaient aussi se prononcer sur les tensions récentes entre la Tchéquie, la Bulgarie et la Russie, marquées par une valse d'expulsions de diplomates.

"Si le régime russe cherche à diviser l’UE, il obtiendra le contraire. Plus agressif il est, plus unie est l’Europe."
Un diplomate européen

"Nous avons exprimé notre soutien à la Tchéquie et à la Bulgarie", a dit le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell après la rencontre. "Mais chacun convient qu'il n'est pas nécessaire de poursuivre dans la voie de l'escalade. Pour l'heure, on ne continue pas la spirale des expulsions." Les discussions se poursuivront au sommet européen du 25 mai.

La Tchéquie a expulsé le 17 avril 18 diplomates russes, accusant la Russie d’être impliquée dans l’explosion d’un dépôt de munitions sur son territoire en 2014. Quelques jours plus tard, la Bulgarie a accusé le GRU, les renseignements militaires russes, d’être à l'origine de deux explosions survenues dans un dépôt d’armes et de munitions destinées à l’Ukraine et à la Géorgie. En représailles, la Russie a expulsé 20 diplomates tchèques et 2 Bulgares. En solidarité, la Roumanie et la Slovaquie ont expulsé des diplomates russes.

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personnalités européennes
Le 30 avril dernier, la Russie a imposé des sanctions à l’encontre de huit personnalités de l'UE, dont le président du Parlement européen David Sassoli.

"Si le régime russe cherche à diviser l’UE, il obtiendra le contraire. Plus agressif il est, plus unie est l’Europe", confie un diplomate européen.

Tension entre l’UE et la Russie

Le 30 avril, la Russie a imposé des sanctions contre huit personnalités de l'UE, dont le président du Parlement David Sassoli. Moscou a justifié cette décision par les sanctions prises par l’UE un mois avant.

"Nous réfléchissons à un prochain paquet de sanctions contre la Biélorussie, qui devrait être pris dans les semaines à venir."
Josep Borrell
Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères

Le 22 mars, quatre hauts responsables russes ont été sanctionnés pour graves violations des droits de l'Homme, notamment des arrestations et des détentions arbitraires et la répression systématique de la liberté de réunion pacifique en Russie.

Les relations entre l’UE et la Russie se sont détériorées depuis l’arrestation en janvier de l’opposant russe Alexeï Navalny. La tension est montée en avril lorsque la Russie a envoyé plus de 100.0000 militaires aux frontières de l’Ukraine.

Nouvelles sanctions contre la Biélorussie

Les ministres des Affaires étrangères ont aussi discuté d'un quatrième paquet de sanctions contre la Biélorussie, le régime du dictateur Alexandre Loukachenko poursuivant sa répression contre la société civile. "Nous réfléchissons à un prochain paquet de sanctions contre la Biélorussie, qui devrait être pris dans les semaines à venir", a annoncé Josep Borrell.

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