L'Europe s'inquiète des atteintes aux médias en Hongrie, Pologne et Slovénie

La vice-présidente de la Commission, Vera Jourova, a annoncé des mesures pour soutenir la liberté de la presse. ©EPA

Les députés européens ont dénoncé les dernières tentatives des autorités polonaises, hongroises et slovènes de réduire au silence les médias indépendants.

La Hongrie, la Pologne et la Slovénie étaient sur le banc des accusés, mercredi au Parlement européen, pour les atteintes de plus en plus inquiétantes dirigées dans ces pays contre la presse indépendante. Cette dérive autoritaire, épinglée par la Commission européenne dans son rapport 2020 sur l'État de droit, ne concerne pas que les médias, mais aussi la justice et les minorités.

"Plus les médias sont faibles, plus la démocratie l'est également. À la Commission, je voudrais dire ceci: faites en un peu plus, tentez d'intervenir, utilisez tous les instruments!"
Tom Vandenkendelaere
Eurodéputé PPE/CD&V

Les eurodéputés de la majorité démocrate-chrétienne, socialiste et libérale, rejoints par les écologistes et la gauche radicale, ont appelé la Commission et le Conseil européen à en faire davantage pour combattre cette dérive. L'extrême droite a jugé le débat "inutile".

"Plus les médias sont faibles, plus la démocratie l'est également. À la Commission, je voudrais dire ceci: faites en un peu plus, tentez d'intervenir, utilisez tous les instruments!", a déclaré le Belge Tom Vandenkendelaere eurodéputé PPE/CD&V.

La vice-présidente de la Commission européenne, Vera Jourova, s'est inquiétée de la situation. Elle a annoncé des initiatives de soutien au secteur, en plus du rapport annuel sur l'État de droit, dont une recommandation aux États membres pour améliorer la sécurité des journalistes et lutter contre les poursuites intimidantes.

Les médias rachetés ou muselés

En Hongrie, le gouvernement a réduit au silence le 14 février la dernière radio indépendante, Klubradio, en refusant de renouveler sa licence. "Cela fait dix ans que la Hongrie fait régresser les médias. La fermeture de Klubradio n'est qu'un épisode de plus, qui fait tache d'huile en Pologne et en Slovénie", a dénoncé la libérale Ramona Strugariu (RE).

En Pologne, un projet de loi prévoit une nouvelle taxe sur les revenus publicitaires des médias indépendants. Le 10 février, ce qui reste de la presse libre polonaise a baissé le rideau, laissant leurs écrans noirs. "C'est une journée noire pour les médias en Pologne, après le rachat du groupe Poslka Press par le groupe pétrolier PKN Orlen", a dénoncé Birgit Sippel (S&D).

PKN Orlen, où siègent des membres du parti au pouvoir (PiS), détient désormais des centaines de titres de presse polonais. "Les médias publics polonais sont devenus un instrument goebbelsien qui attaque l'opposition. Maintenant, c'est au tour des médias privés qui se font racheter par des proches du pouvoir", a dénoncé l'eurodéputé polonais Radosław Sikorski (PPE).

Selon le rapport 2020 sur l'État de droit, les journalistes slovènes sont "fréquemment victimes de harcèlement ou de menaces en ligne, qui ne sont que rarement sanctionnés par le système de justice". Le cas de la Slovénie est d'autant plus préoccupant qu'elle occupera à partir de juillet la présidence tournante du Conseil de l'UE.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés