L'Europe "sauve" les abeilles... La Belgique freine

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Trois néonicotinoïdes, ces pesticides considérés comme dangereux pour les abeilles, seront interdits dans l'Union européenne. Sauf en serre. La Belgique, qui s'est abstenue lors du vote, examine les dérogations possibles.

L'Union européenne a décidé de bannir dès le 1e janvier prochain toutes les utilisations extérieures de trois pesticides néonicotinoïdes. Ces substances, accusées de nuire à la santé des abeilles, étaient déjà soumises à des restrictions de leur usage au sein de l'Union. La majorité qualifiée d'États membres (au moins 16 pays sur 28 représentant 65% de la population. La Belgique s'est abstenue) a donc décidé d'aller plus loin.

De quelles substances parle-t-on?

  • La clothianidine
  • L'imidaclopride 
  • Le thiaméthoxame

Ces substances neurotoxiques s'attaquent au système nerveux des insectes. Elles sont largement utilisées dans les cultures en plein champ.

L'interdiction comporte toutefois des exceptions: les usages en serre, sans contact avec les abeilles, restent autorisés.

Un danger pour les abeilles à miel et sauvages

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En 2013, l'Union avait déjà imposé des restrictions d'usage pour ces trois substances. Elles avaient été contestées en justice par deux géants des pesticides: le Suisse Syngenta et l'Allemand Bayer. La procédure devant le Tribunal de l'UE est toujours en cours.

En 2015, l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) avait lancé une évaluation de ces pesticides. Elle avait récemment confirmé leur danger pour les abeilles à miel, mais aussi les abeilles sauvages (bourdons, abeilles solitaires).

La Commission avait alors proposé une interdiction partielle de ces pesticides sur la base de l'avis scientifique de l'Efsa. "La santé des abeilles a toujours une importance cruciale pour moi, puisque cela concerne la biodiversité, la production alimentaire et l'environnement", a réagi le commissaire à la Santé et la Sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis.

La Belgique à contre-courant

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Mais en Belgique, tout le monde n'est pas d'accord. Le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme, indique ainsi que la Belgique va étudier la possibilité de dérogations. Il entend rentrer au plus vite un dossier auprès de la Commission. Certes le ministre MR se dit favorable à l'interdiction mais il a toujours défendu une période de transition pour les cultures de betteraves et de chicorée.  Ses arguments?  La Belgique est le seul pays européen victime sur la quasi-totalité de son territoire de la jaunisse des pucerons. Celle-ci peut être éliminée par les insecticides. L'avis de la Belgique n'a pas été suivi.

L'heure est donc à l'étude des possibilités de dérogations possibles: "On peut envisager une utilisation en cas d’urgence pendant 180 jours pour la betterave, par exemple," explique le ministre qui déplore l'absence d’alternative crédible aux néonicotinoïdes.

La décision européenne a néanmoins été applaudie par la ministre bruxelloise de l'Environnement, Céline Fremault (cdH), et son homologue wallon, Carlo Di Antonio (cdH) sur Twitter.

Plusieurs eurodéputés belges - Marc Tarabella (PS), Frederique Ries (MR), Kathleen Van Brempt (sp.a) et Claude Rolin (cdH) - ont salué la décision des États membres.

 

 

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