L'Europe se dote d'une Agence de cybersécurité

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L'an dernier, huit entreprises européennes sur dix ont connu au moins une cyberattaque. La Commission Juncker annonce une série de mesures visant à renforcer la cybersécurité. La plus visible sera la création d'une Agence de cybersécurité.

Confrontée à une hausse spectaculaire de la cybercriminalité, la Commission européenne a proposé ce mardi une série de mesures pour renforcer la cybersécurité dans l’Union européenne. La plus visible sera la création d’une Agence de cybersécurité plus puissante que l’actuelle agence ENISA. L’exécutif européen veut aussi mettre en place un label européen de cybersécurité.

En 2016, huit entreprises européennes sur dix ont connu au moins une cyberattaque. Plus de 4 000 attaques par "rançongiciel" ont eu lieu chaque jour en Europe, ce qui correspond à une augmentation de 300% par rapport à 2015.

Mercredi dernier, Le président de la Commission Jean-Claude Juncker avait promis, lors de son discours sur l’état de l’Union, de renforcer la lutte contre la cybercriminalité.

La Commission a dévoilé ce mardi plus de détails sur ce projet.

UNE AGENCE "PLUS PUISSANTE"

Concrètement, l’agence d’experts européens ENISA, basée à Athènes, sera transformée en agence permanente de cybersécurité. "Nous avons besoin d’une agence plus puissante", dit Julian King, le commissaire européen à la Sécurité. "Nous sommes de plus en plus confrontés à un défi représenté par les attaques hybrides mêlant les cybermenaces à d’autres techniques".

Les effectifs, les ressources financières et les missions de cet embryon d'agence seront renforcés. "L’agence engagera une quarantaine d’experts supplémentaires", confie une source européenne.

Cantonnée à l’heure actuelle à des missions de conseils, l'ENISA sera chargée d’aider les États européens à prévenir les cyberattaques et à y répondre. Elle organisera chaque année des exercices de cybersécurité paneuropéens et en assurant un meilleur partage des connaissances et des informations sur les menaces.

Parallèlement, l'UE se dotera d'un plan de réaction rapide en cas de cyberattaque de grande ampleur. La coopération des Etats européens entre eux et avec l'OTAN dans le domaine de la cyberdéfense sera renforcée.

UN LABEL EUROPEN DE CYBERSECURITE

La Commission va également créer un système européen de certification, qui permettra de garantir la sécurité d'utilisation des produits et services dans l'environnement numérique.

Cette mesure répond à la multiplication des objets connectés dans notre environnement ("internet des objets"). "D’ici 2020, le monde comptera 50 milliards d’objets connectés à internet. La majeure partie des citoyens ne se soucient pas de la sécurité de ces dispositifs, d’où la nécessité de s’attaquer à l’hygiène cybernétique ", explique Andrus Ansip, vice-président de la commission, en charge du marché unique numérique.

Tout comme le système d'étiquetage des produits alimentaires renseigne les consommateurs sur ce qui se trouve dans leur assiette, ces nouveaux certificats européens de cybersécurité devront garantir la fiabilité des dispositifs pilotant les infrastructures critiques, telles que les réseaux d'énergie et de transport, mais aussi de nouveaux équipements grand public, tels que les voitures connectées. "Ces labels de cybersécurité seront reconnus dans tous les États européens, ce qui réduira les charges administratives et les coûts pour les entreprises", dit-on à la Commission.

REPRESSION ACCRUE

La Commission propose aussi d’accroître la répression pénale contre la cybercriminalité en se concentrant davantage sur la détection, la traçabilité et la poursuite des cybercriminels.

L’exécutif européen devrait aussi proposer une nouvelle directive sur la lutte contre la fraude et la contrefaçon des moyens de paiement virtuels comme, par exemple, le bitcoin.

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