tribune

L'Europe sociale à la française attendra

Revue de presse du quotidien français Le Figaro.

Les 7 et 8 mai, les chefs d'États européens étaient rassemblés à Porto pour un sommet social de l'Union européenne.

Il convient de se rappeler que le social est avant tout une compétence des États membres, voire parfois des régions dans certains pays à la structure plus fédérale. Les pays latins, dont la France, sont systématiquement demandeurs de mesures sociales à l'échelle européenne alors que les Allemands et les Nordiques y sont opposés.

"Comme si beaucoup d'Européens rêvaient de rejoindre les standards français."

D'aucuns, comme le commissaire français Thierry Breton, considèrent cependant que le covid marquera, avec le recul, le début de l'Europe sociale. Emmanuel Macron entend en tout cas vendre aux Européens "une convergence sociale vers nos standards"… Comme si beaucoup d'Européens rêvaient de rejoindre les standards français, avec une dépense publique élevée, un niveau de prélèvements obligatoires records, pour un taux de chômage supérieur à 8% en quasi-permanence et un niveau de pauvreté sans égal en Europe malgré de généreuses et dispendieuses aides sociales.

Deux sujets étaient particulièrement attendus : le premier est celui du salaire minimum européen, étape indispensable pour créer un marché commun de l'emploi qui aujourd'hui n'existe pas. Ce projet est resté bloqué par au moins dix États de l'Union. Le second thème particulièrement important à Porto était la parité hommes-femmes dans les conseils d'administration. Si aucune avancée n'a été faite lors du sommet sur ce sujet, on notera qu'il est en projet depuis…dix ans! En revanche, les Européens ont avancé sur la réduction des différences de salaires entre hommes et femmes (14% dans l'UE) avec un projet prometteur.

Ce relatif abandon de l'ordolibéralisme allemand ne se solde que par un "modus vivendi", et non une adoption à l'échelle européenne du modèle français.

La crise du Covid a donc certainement fait évoluer les mentalités sur divers sujets sociaux, avec un abandon de l'austérité et du contrôle budgétaire à tout prix qui ouvre la voie à quelques projets sociaux. Cependant, ce relatif abandon de l'ordolibéralisme allemand ne se solde que par un "modus vivendi", et non une adoption à l'échelle européenne du modèle français, qui fait encore figure de repoussoir.

Cette tribune, publiée dans Le Figaro sous la plume de Sébastien Laye, a été résumée par nos soins.

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