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L'Europe va former ses propres espions

©AFP

Les ministres de la Défense de l’UE ont approuvé ce lundi la création d'une école de renseignement.

L’armée européenne n’est pas encore réalité, mais cette idée, défendue par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, fait son chemin. Les ministres de la Défense de l’Union européenne, en réunion lundi à Bruxelles avec leurs homologues des Affaires étrangères, ont adopté 17 nouveaux projets dans le cadre de la coopération structurée en matière de défense (PESCO), un processus réunissant les Etats voulant aller de l'avant.

Le projet le plus emblématique est la création de l’École interarmées du renseignement de l’UE, ou "Joint European Intelligence School", qui sera chargée de former les futurs spécialistes européens des renseignements. C'est un pas de plus vers une Union européenne de la défense.

On connaissait déjà les 17 projets de la coopération structurée permanente (CSP), mieux connue sous son acronyme anglais PESCO, adoptés en décembre 2017. Parmi ceux-ci, la mise en commun de technologies de déminage marin, un programme dont la Belgique a la charge. Ou l’initiative de mobilité militaire dirigée par les Pays-Bas et incluant la Belgique. L’adoption de ces projets est facilitée par le Brexit, le Royaume-Uni étant l’un des freins à la création d’une Europe de la défense.

Lundi, les ministres de la Défense ont ajouté une nouvelle vague de projets, dont les plus emblématiques sont la création de cette école d’espions et le développement du drone européen MALE (moyenne altitude, longue endurance).

“Joint European Intelligence School”

L’École interarmées du renseignement de l’UE, ou, en anglais “Joint European Intelligence School” (JEIS) faisait partie des projets bloqués jadis par Londres.

D’après une source proche du dossier, le JEIS "sera chargé de dispenser un enseignement et une formation aux disciplines du renseignement et à d’autres domaines spécifiques au personnel du renseignement des États membres de l’UE". La Grèce sera chargée de coordonner ce projet, dont Chypre fera partie.

La Belgique sera partie prenante dans quatre des nouveaux projets. "Co-basing" visant à mieux utiliser les bases militaires des États de l’UE; "BLOS" ("Beyond Line of Sights") pour développer une nouvelle catégorie de missiles de moyenne portée; EU Radio Navigation Solution (EURAS) et Integrated Unmanned Ground System (UGS), des systèmes automatiques armés.

Vingt-cinq pays 

La PESCO est plus d’une simple coopération entre Etats. Elle est renforcée et permanente, à l’instar de la zone euro. Vingt-cinq pays ont rejoint la PESCO, à l’exclusion du Danemark, de Malte et du Royaume-Uni. Les participants s’engagent à intégrer un ou plusieurs projets. Cette coopération devrait permettre d’importantes économies en réduisant les duplications.

Parmi les dix-sept projets approuvés l’an dernier, on trouve le développement de blindés (“AIFV”), la cyberdéfense, la mise en commun des ressources médicales dans le European Medical Command”.

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