L'Europe veut un cadre pour sa finance "verte"

©Photo News

Le débat est enfin arrivé sur la table des ministres des Finances de l’Union. Plus de deux ans après la signature de l’Accord de Paris, l’Europe avance dans sa réflexion sur la finance "verte", celle par laquelle les Européens pourraient accomplir leur part de l’engagement planétaire de limiter le réchauffement "bien en dessous de 2°C".

Christian Thimann, senior executive chez AXA et chef d’un groupe d’experts européen qui a planché sur le sujet, a présenté mardi ses recommandations au Conseil des ministres européens (Ecofin).

Les ministres lui ont exprimé un "soutien fort", a indiqué le Bulgare Vladislav Goranov, qui présidait la réunion. Un signal encourageant pour la Commission européenne, qui doit présenter le mois prochain un programme d’action en la matière.

180 milliards €
Pour respecter ses engagements climatiques, l’UE a besoin de 180 milliards d’investissements supplémentaires par an pour la décennie qui vient.

L’exécutif européen estime que l’Union a besoin de 1,8 milliard d’euros d’investissement additionnel par an pendant la décennie à venir – et "l’argent public ne sera pas suffisant", a précisé mardi son vice-président aux affaires financières, Valdis Dombrovskis, lors d’une conférence de presse au terme de l’Ecofin.

Être ou ne pas être "vert"

La demande fondamentale du groupe d’experts réunis par l’Union européenne est de s’accorder sur un système de classification européen sur ce qui est "vert" et ce qui ne l’est pas. Dans son rapport, publié fin janvier, il demande une définition claire de l’investissement "durable", qui mènerait à la création d’un label pour les obligations vertes européennes.

La Belgique va lancer sa première obligation de ce type au printemps – réservée aux investisseurs institutionnels. Elle suit ainsi la Pologne et la France et d’autres membres de l’Union planchent sur des projets similaires. Mais le manque de définition claire et unifiée ouvre la voie aux suspicions de greenwashing.

Il n’existe pas de définition internationalement reconnue de la finance durable, même si des institutions comme la Banque centrale de Chine ont déjà établi leur propre cadre.

Le fait que les dirigeants européens prennent la question à bras-le-corps pourrait donner un coup de pouce à ces produits. Un autre coup de pouce, plus significatif, consisterait à assouplir les exigences de fonds propres pour les investissements verts. Les experts de l’Union ne s’y aventurent pas pour l’instant: davantage de recherches sont nécessaires pour évaluer si ce type de prêts comporte moins de risques, ont-ils indiqué.

Avec ou sans cela, l’appétit pour les produits d’investissement durable grandit: l’agence de notation Standard & Poors estimait fin janvier que le marché des obligations vertes augmentera de plus de 30% cette année pour atteindre quelque 200 milliards de dollars.

Les plans de la Commission pour créer un nouveau standard seront discutés lors d’une conférence de haut niveau qui se tiendra le 22 mars à Bruxelles, en marge du Conseil européen.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content