L'Europe vire-t-elle résolument à droite?

Aux Pays-Bas comme en Grande-Bretagne, les électeurs ont opté pour le changement.

Les récentes élections législatives qui se sont déroulées en Europe ont plébiscité les candidats de droite. Plus qu’un virage idéologique, il faut plutôt voir dans ces votes une sanction vis-à-vis de ceux qui ont eu à gérer la crise.

Imaginons qu’Elio Di Rupo mène sa mission de préformateur à terme et soit nommé par le Roi pour former le futur gouvernement… La Belgique détonnera un peu dans le paysage européen en se dotant d’un Premier ministre issu d’un parti de gauche. On n’y est pas encore et, quoi qu’il en soit, son pouvoir relatif sera contrebalancé par une N-VA solidement ancrée à droite en Flandre. Mais, de loin, l’image sera quand même celle d’un pays géré par les socialistes. Comme en Grèce et en Espagne qui ne sont pas les meilleurs élèves de la classe européenne sur le plan économique, persifleront les opposants.

Parce que, à première vue, la gauche semble passée de mode sur le vieux continent. Petit coup d’œil sur les récents suffrages qui se sont déroulés dans l’UE ces derniers mois et sur les négociations qui s’en sont suivies. Aux Pays-Bas, après les élections du 9 juin dernier, on s’oriente à grand pas vers une coalition minoritaire de droite entre les chrétiens-démocrates et les libéraux. Un retournement d’autant plus flagrant après huit années de gouvernement de centre-gauche que la coalition qui se met en place actuellement devrait être soutenue de l’extérieur par le parti islamophobe de Geert Wilders. En Grande-Bretagne, c’est à 12 années de domination travailliste que le scrutin du 6 mai a mis un terme. À ceci près que les Tories (conservateurs) emmenés par David Cameron ont quand même dû s’allier aux libéraux-démocrates de Nick Clegg pour obtenir une majorité suffisante à la Chambre des Communes.

Si on regarde du côté des nouveaux Etats-membres, on voit encore que la Hongrie a récemment opéré un virage à droite en plébiscitant le Fidesz de Viktor Orban - il dispose de deux tiers des sièges au Parlement - et le parti d’extrême-droite Jobbik tandis qu’après les élections du 12 juin, la Slovaquie est gouvernée par une coalition entre 4 partis de centre-droit.

Et s’il fallait encore appuyer le trait d’un bleu de plus en plus foncé, on pourrait encore pointer l’initiative de Nicolas Sarkozy, déjà copiée chez nous par la députée MR Jacqueline Galant, de déchoir de la nationalité française toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier.

En étant caricatural, on pourrait facilement affirmer que les citoyens sont prêts à des politiques prônant la solidarité lorsque la marmite bout correctement mais retrouvent les réflexes égoïstes dès que pointe un climat de crise économique. Or, celle-ci n’a pas été des plus bénignes. L’argument tient sans doute la route. Mais ce que les électeurs ont voulu signifier, c’est avant tout leur désapprobation vis-à-vis des anciennes majorités qui ont eu à gérer un climat économique cataclysmique et ont dû prendre des mesures souvent impopulaires.

Le meilleur exemple est sans doute celui de la Grèce. C’est en effet une majorité socialiste, au pouvoir depuis octobre 2009, qui a dû faire avaler au peuple un plan d’austérité radical pour tenter de rétablir les finances publiques. Le jeu est donc facile pour des partis de droite de pointer la menace d’un gouvernement de gauche, comme n’ont pas hésité à le faire certains politiciens tchèques et slovaques, en pointant le mauvais exemple grec du doigt, à la veille d’élections législatives. Mais c’était oublier qu’avant Papandreou, il y avait eu deux gouvernements Karamanlis et cinq années de conduite à droite.

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