L'extrême droite autrichienne prête à quitter le gouvernement

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La diffusion, vendredi, d'une vidéo polémique du leader nationaliste Heinz-Christian Strache, n'en finit plus de bousculer le gouvernement autrichien. Voilà que le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) se dit prêt à retirer tous ses ministres du gouvernement formé avec les conservateurs.

Strache entraînera-t-il tout le FPÖ dans sa chute? En tout cas, le parti se dit prêt à retirer tous ses ministres du gouvernement formé avec les conservateurs. "En tant que ministres nous remettrons tous nos mandats si le ministre de l'Intérieur Herbert Kickl est démis de ses fonctions", a déclaré Norbert Hofer, ministre des Transports et nouveau chef désigné du parti, après la démission de Heinz-Christian Strache suite à une vidéo polémique.

En tant que ministres nous remettrons tous nos mandats si le ministre de l'Intérieur Herbert Kickl est démis de ses fonctions.
Norbert Hofer
chef du FPÖ

Le chancelier conservateur Sebastian Kurz doit annoncer à la mi-journée le départ de Kickl, directement concerné par l'enquête sur la vidéo.

Pour rappel, la fin brutale de la coalition entre les conservateurs et l'extrême droite, dont une sulfureuse vidéo a entraîné la chute, bouscule la campagne autrichienne pour les européennes du 26 mai et le jeu politique dans le pays, qui va retourner aux urnes après l'été.

LA VIDEO EN CAUSE

Une vidéo tournée secrètement dans une villa d'Ibiza en 2017 montre Heinz-Christian Strache et l'un de ses lieutenants discutant, notamment, de l'octroi de contrats publics autrichiens en échange de soutiens financiers, avec une interlocutrice qui se présente comme la nièce d'un oligarque russe. 

Pendant les six heures que dure l'entretien, le Viennois de 49 ans dit aussi être prêt à remodeler la presse autrichienne "comme Orban", le Premier ministre hongrois qui a verrouillé le paysage médiatique de son pays. Et il évoque un mécanisme de financement illégal des campagnes électorales qui serait pratiqué par son parti.

Chef depuis 14 ans du FPÖ,  Heinz-Christian Strache a démissionné de tous ses mandats ce week-end. Il a abandonné la direction de son parti, mais aussi son poste de numéro deux du gouvernement de Sebastian Kurz, qui avait noué une alliance avec le FPÖ après sa victoire aux législatives d'octobre 2017.

Le Kremlin nie toute implication

De son côté, le Kremlin indique ne "rien à voir" avec le scandale politique en Autriche: "C'est une histoire qui n'a rien à voir, et ne peut avoir quoi que ce soit à voir, avec nous", a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov au sujet de cette vidéo.

Par ailleurs, l'opposition réclame le départ de cinq autres représentants du FPÖ qui appartiennent encore au gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Herbert Kickl est le plus controversé et pourrait quitter ses fonctions, selon un proche du chancelier.

Des législatives anticipées ont, dans la foulée, été annoncées par Sebastian Kurz. Elles devraient se tenir en septembre, comme l'a souhaité dimanche le chef de l'Etat Alexandre Van der Bellen, même si le calendrier précis n'est pas encore arrêté.

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