L'extrême droite moins forte qu'attendu aux régionales françaises

Le RN n'aurait obtenu qu'entre 19,1% et 19,3% des voix, derrière le parti Les Républicains. ©AFP

Le Rassemblement national de Marine Le Pen a fait moins bien qu'attendu lors des élections régionales et départementales françaises marquées par une abstention record. Le parti de droite Les Républicains arrive en tête.

L'extrême droite française, le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, a fait moins bien qu'attendu dimanche au premier tour des élections régionales et départementales, marquée par une très forte abstention et une prime aux élus sortant, notamment ceux de la droite, selon les premières estimations.

Le parti Les Républicains arrive en tête, devançant le Rassemblement national (RN), la gauche et LREM, selon différentes estimations. La droite obtiendrait entre 27,2 et 29,3%, les listes conduites par le PS entre 16,5 et 17,6%, le RN entre 19,1% et 19,3% et LREM autour de 10-11%, selon Elabe pour BFM/RMC et Ipsos pour France Télévisions, Radio France et la Chaîne parlementaire.

"Un sursaut est possible" avant le second tour dimanche prochain a réagi sur TF1 le vice-président du RN, Jordan Bardella, alors que contrairement aux sondages, son parti n'est arrivé en tête dans aucune de 6 régions sur 13 pour lesquelles les estimations étaient disponibles peu après 18h. Le parti du président Emmanuel Macron n'a pas non plus engrangé de bons résultats, à moins d'un an de l'élection présidentielle.

Abstention record

Jamais les Français n'ont autant boudé les urnes: moins d'un tiers d'entre eux ont voté pour ce premier tour des régionales et départementales. A la fermeture des derniers bureaux, à 20h, l'abstention atteindrait entre 66,1% et 68,6% selon les estimations des instituts de sondage, soit un record d'abstention tous scrutins confondus en France hors référendum.

"On peut parler d'un effondrement de la participation électorale", résume le politologue Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, en l'expliquant par "un effet Covid très important" mais aussi par "l'absence presque totale de campagne sur les enjeux de la régionalisation". C'est "une gifle à l'ensemble de la classe politique", renchérit Philippe Moreau-Chevrolet.

La droite en tête

Au bout d'une campagne anesthésiée par la crise sanitaire, prime a été donnée aux sortants à gauche et surtout à droite, déjouant la plupart des sondages qui prédisaient une forte poussée du RN, finalement assez contenue. La majorité présidentielle, elle, reste à un étiage bas et devra batailler dans la plupart des régions pour peser au second tour.

Xavier Bertrand est en très bonne posture pour conserver les Hauts-de-France. Il compte faire de ce succès une rampe de lancement pour l'élection présidentielle de 2022.

Cela fait notamment les affaires de la droite qui détient sept régions, à commencer par Xavier Bertrand (ex-LR), en très bonne posture pour conserver les Hauts-de-France et qui compte faire de ce succès une rampe de lancement pour l'élection présidentielle de 2022. Selon les estimations, M. Bertrand réunirait entre 39% et 46,9% des voix, très loin devant son concurrent du RN Sébastien Chenu (22,5% à 24,4%).

Même scénario pour le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez (LR), donné à plus de 45%, avec plus de 30 points d'avance sur la candidate des Verts Fabienne Grébert ou le prétendant du RN Andrea Kotarac.

En Paca, le sortant LR Renaud Muselier résiste lui mieux que prévu face à Thierry Mariani, candidat soutenu par le RN. Selon différents sondages, les deux sont donnés au coude-à-coude, entre 30 et 35%.

Quelle réponse de Macron?

Si la grosse claque se confirmait au second tour pour la majorité, la question d'un remaniement gouvernemental risque de se poser, alors qu'Emmanuel Macron doit exposer début juillet la feuille de route pour la dernière année de son quinquennat qu'il souhaite "utile".

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