L'impasse politique en Italie empêche l'Open Arms d'accoster

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Le navire humanitaire Open Arms reste bloqué au large de Lampedusa. Six pays européens ont déjà proposé de se répartir les 134 migrants qui se trouvent à son bord, tandis que Matteo Salvini temporise.

Le face à face politique s'envenime à Rome. Matteo Salvini a ouvertement défié son ancien allié, le Premier ministre Giuseppe Conte. Le ministre de l'Intérieur italien a bloqué ce vendredi l'autorisation de mise à quai de l'Open Arms. Le vaisseau de sauvetage avait porté secours à pas moins de 134 migrants au début du mois d'août au large de la Libye. Dans une lettre acerbe envoyée au ministre de l'Intérieur, M. Conte s'est réjoui du "soutien que lui apportent ses homologues européens", alors que son départ et la convocation d'élections anticipées sont demandés depuis une semaine par M. Salvini. Une situation qui profiterait à ce dernier selon les sondages (jusqu'à 38% d'intentions de vote) et qui lui permettrait de mettre davantage en oeuvre son agenda eurosceptique.

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"La réouverture des ports et des mangeoires ? Pas en mon nom !", a déclaré Matteo Salvini sur Twitter, alors que la France, l'Allemagne, la Roumanie, le Portugal, l'Espagne et le Luxembourg avaient déjà proposé d'aider à relocaliser les migrants. Une offre que le M. Salvini a accueillie avec scepticisme, son porte-parole déclarant que "ce que veulent les autres pays n'est pas clair." Seule issue pour les migrants à bord de l'Open Arms : le refus de deux ministres du M5S de contresigner le décret du ministre de l'Intérieur qui interdit l'accostage du navire humanitaire. Un premier décret édicté par M. Salvini avait déjà été suspendu ce mercredi par un tribunal administratif du Latium.

Pensées suicidaires

Treize personnes requérant une attention médicale ont déjà quitté l'Open Arms ce jeudi, dont certains étaient sévèrement traumatisés. "Ils s'automutilent et se mettent en colère contre d'autres personnes du groupe. Certains d'entre eux ont des pensées suicidaires. Ils pensent qu'il est préférable pour eux de mourir ici que de retourner d'où ils viennent", a témoigné Alessandro Di Benedetto, psychologue des services d'aide d'Urgence italiens.

L'accord européen qui ne vaut cependant que pour ce navire, tandis qu'aucun agrément n'a été trouvé concernant l'Ocean Viking, géré conjointement par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières. Celui-ci errait jusqu'à jeudi entre Malte et Lampedusa, sans autorisation de s'approcher de l'une ou l'autre île. Aux dernières nouvelles, il prenait le large vers le nord de la Méditerranée. L'Ocean Viking a pour sa part toujours à son bord 356 migrants.

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