L'Italie lève 8 milliards d'euros

L'Italie a émis vendredi sans difficulté près de 8 milliards d'euros d'obligations, signe que les investisseurs ne sont pas inquiets à son sujet. Mais les taux ont grimpé en raison des inquiétudes à propos de l'Irlande et plus marginalement de la crise politique à Rome.

Selon le résultat des opérations annoncé par la Banque d'Italie, le Trésor italien a émis 7,9 milliards d'euros d'obligations à échéance 2015, 2026 et 2034, un montant proche du montant maximum qu'il comptait lever, la fourchette étant comprise entre 5,75 et 8,25 milliards.

La demande a été bonne pour ces trois opérations, atteignant un montant total de 11,2 milliards d'euros.

"L'opération s'est bien passée", a commenté Chiara Cremonesi, stratégiste de la banque UniCredit tandis que selon René Defossez de Natixis, ces émissions prouvent que "les marchés n'ont pas une inquiétude particulière à l'égard de l'Italie" qui a réussi à limiter la progression de son déficit public et s'est engagée dans une sévère cure d'austérité.

Mais le pays a toutefois une des dettes publiques les plus élevées du monde qui a atteint un nouveau record à 1.844,8 milliards d'euros en septembre, a annoncé vendredi la Banque d'Italie.

Les taux ont en revanche grimpé à 3,24% pour les titres à échéance 2015 contre 2,53% lors de la dernière opération du même type, à 4,81% pour les titres à échéance 2026 contre 3,98% et à 5,12% pour les titres à échéance 2034 contre 4,53%.

Une progression due à la "tension qu'on a en ce moment sur la zone euro et en particulier sur l'Irlande et le Portugal", souligne M. Defossez.

Les investisseurs s'inquiètent du déficit abyssal de l'Irlande et de la capacité de son gouvernement à faire adopter son budget de rigueur. Des craintes qui ont accentué le climat de défiance généralisée et qui pèsent sur les autres pays fragiles de la zone euro comme le Portugal, l'Espagne ou l'Italie.

Soumis à de fortes tensions depuis plusieurs jours, les taux irlandais et portugais qui avaient atteint des plus hauts historiques jeudi, se détendaient toutefois très nettement vendredi après une déclaration conjointe des ministres des Finances de cinq pays européens.

Si les inquiétudes au sujet de l'Irlande sont la cause principale de la hausse des taux italiens, "l'incertitude politique n'aide pas", observe Chiara Cremonesi, alors que dimanche dernier, Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés et ex-allié de Silvio Berlusconi, a demandé au Cavaliere de démissionner, invitation sèchement repoussée par l'intéressé.

Si M. Berlusconi démissionnait, "il y aurait un impact sur le différentiel" entre les titres italiens et le Bund allemand, référence dans la zone euro, mais "le socle, ce sont les fondamentaux" et l'Italie "n'a pas les mêmes problèmes" que les autres pays fragiles de la zone euro, nuance M. Defossez.

En outre, la discipline budgétaire resterait un "pilier" de la politique italienne même en cas de changement de gouvernement, pense Chiara Cremonesi.

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