analyse

L’Italie sombre à nouveau dans l'instabilité politique

Renzi a déclaré à plusieurs reprises à ses plus proches collaborateurs que l’actuel Premier ministre était "inadéquat et certainement pas à la hauteur de ses fonctions institutionnelles." ©AFP

L’ancien président du Conseil, Matteo Renzi, a annoncé la démission de ses deux ministres. Cela marque la fin de l’exécutif Conte en Italie.

L’heure de vérité est arrivée pour l’exécutif de Giuseppe Conte. Après avoir joué avec les nerfs de la péninsule et agité, pendant des semaines, le spectre d’une crise politique en pleine pandémie, l’ancien Premier ministre, Matteo Renzi, a enfin dévoilé ses cartes quant à l’avenir du gouvernement italien.

Au cours d’une conférence de presse extrêmement attendue et tendue, mercredi soir, le leader d'Italia Viva, parti de centre gauche (presque 3% des intentions de vote), membre constamment réfractaire de la majorité parlementaire, a annoncé la démission de ses deux ministres en ouvrant, ainsi, une crise sans précédent.

"En ce moment dramatique de crise sanitaire, nous sommes, en effet, appelés à résoudre les problèmes, pas à les cacher."
Matteo Renzi
Leader d'Italia Viva

"Il est très difficile de renoncer à nos ministères, mais nous n’hésitons pas à le faire, fidèles à notre éthique de la responsabilité. En ce moment dramatique de crise sanitaire, nous sommes, en effet, appelés à résoudre les problèmes, pas à les cacher", a précisé Renzi, devant les journalistes et entouré par ses deux ministres démissionnaires.

Or, cette tempête politique majeure a éclaté officiellement au début du mois de décembre dernier lorsque l’ancien président du Conseil a commencé à contester systématiquement, par le biais des médias italiens et étrangers et des réseaux sociaux, Giuseppe Conte et toutes les décisions de son exécutif. Si Renzi n’a cessé de parler de "positions politiques irréconciliables", les médias de la péninsule ont surtout souligné le "choc des personnalités" entre les deux hommes. Accusant Conte d’immobilisme, d’amateurisme et, surtout, de centraliser compétences, dossiers et procédures politiques, Renzi a déclaré à plusieurs reprises à ses plus proches collaborateurs que l’actuel Premier ministre était "inadéquat et certainement pas à la hauteur de ses fonctions institutionnelles."

"Penchant populiste"

Au cours de la conférence de presse, Renzi a aussi indirectement dénoncé le «penchant populiste» de l’actuel président du Conseil. "Faire de la politique c’est composer avec la réalité, prendre des décisions, poser des gestes pour l’avenir de nos enfants, et non pas se limiter à récolter des ‘likes’ sur les réseaux sociaux", a-t-il déclaré.

Conte avait, pourtant, essayé, par tous les moyens, de recréer un lien avec son «allié-rival» en modifiant, à la lumière des indications de Italia Viva, la dernière ébauche du plan de relance national ou en laissant entrevoir la possibilité d’un remaniement gouvernemental pour satisfaire les éventuels appétits ministériels de Renzi.

L’avenir de la péninsule ne pourrait désormais être plus incertain. L’hypothèse d’une nouvelle majorité parlementaire, constituée par Conte grâce au soutien d’une troupe hétéroclite de députés et de sénateurs de l’opposition, semble déplaire au Président Mattarella qui redoute la formation d’un nouvel exécutif fragilisé par une multitude de positions et de visions discordantes. Toutefois, les forces politiques de centre gauche feront leur possible pour identifier une majorité parlementaire solide et éviter à tout prix un rendez-vous électoral anticipé, qui pourrait se solder par la victoire de la droite souverainiste et eurosceptique. 

Comptant plus de 80.000 décès en raison de la pandémie, le pays assiste, stupéfait, à ce sanglant bras de fer et, selon de récents sondages, seulement 10% des Italiens comprennent les raisons qui viennent de pousser Renzi à décréter la fin de l’exécutif Conte.

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