L'outrage d'Erdogan à von der Leyen secoue Bruxelles

©AFP

Plusieurs personnalités européennes ont fustigé le traitement infligé à la présidente de la Commission par le chef d'Etat turc au cours d'une conférence de presse. L'attitude de Charles Michel est également sous le feu des critiques.

Ce mardi devait marquer une nouvelle étape dans les relations turco-européennes. Tendues depuis plusieurs années par des sujets aussi sensibles que l'immigration ou les conflits en Libye et en Syrie, Bruxelles et Ankara devaient profiter d'une rencontre entre Recep Tayyip Erdogan d'une part et Ursula von der Leyen et Charles Michel de l'autre pour acter ce redémarrage.

Au cours de la conférence de presse qui a suivi cette rencontre, la présidente de la Commission européenne et le président du Conseil se sont notamment inquiétés de l'état des droits humains, alors que la Turquie vient de quitter la Convention d'Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique.

"Après le retrait de la Turquie de la Convention d'Istanbul, nous attendons des représentants de l'UE qu'ils se lèvent pour les droits des femmes."
Saskia Bricmont
Eurodéputée

Quel ne fut dès lors la stupeur des journalistes de constater que le président turc n'avait même pas prévu un siège digne de ce nom pour la présidente de l'exécutif européen. Alors que Charles Michel s'installait en face de Recep Erdogan dans un fauteuil similaire au sien, Ursula von der Leyen était reléguée sur un canapé en retrait, tournant légèrement le dos aux photographes présents.

Charles Michel critiqué

Très vite, plusieurs personnalités se sont indignées de ce traitement. L'eurodéputée Assita Kanko (N-VA) s'est dite "choquée" par la scène, tout comme l'écologiste Saskia Bricmont, tandis que leur homologue Tom Vandekendelaere (CD&V) déplorait le fait que Charles Michel n'ait pas cédé son siège au profite d'Ursula von der Leyen ou demandé un fauteuil supplémentaire. Un point de vue partagé par de nombreux mandataires, même dans les rangs libéraux. Cette attitude aurait cependant pu provoquer un "incident diplomatique", selon un responsable européen cité par l'agence Belga.

D'autres députés européens, tels Sophie in 't Veld, Sergey Lagodinsky ou encore Aušra Maldeikienė n'ont pas épargné leurs flèches envers le président du Conseil. L'ancien chancelier autrichien Christian Kern a même qualifié celui-ci de "blague".

Ursula von der Leyen, qui n'a pu cacher une réaction interloquée en arrivant dans la pièce, a commenté qu'elle avait été "surprise" par la disposition des sièges. "Elle a préféré donner la priorité à la substance plutôt qu'à des questions de protocole ou de forme, et c'est certainement ce que les citoyens de l'UE auraient attendu d'elle", a commenté le porte-parole de la Commission, Eric Mamer, lors du point presse quotidien de l'exécutif.

Cela étant, nombre de représentants politiques appellent aujourd'hui l'Europe à tenir tête à la Turquie quand elle évoque les droits des femmes.

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