L'UE adopte des sanctions ciblées contre la Russie

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. ©AFP

L'Union européenne a décidé de sanctionner les responsables de l'appareil policier et judiciaire russe qui ont emprisonné le chef de l'opposition Alexeï Navalny.

Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Union européenne ont décidé lundi l'adoption de sanctions ciblées contre les responsables de l'emprisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny. Il s'agit de la première utilisation du Magnistki Act, le nouveau régime de sanctions contre les violations des droits humains.

"La Russie semble rechercher l'affrontement et se dégager de ses relations avec l'Union européenne."
Josep Borrell
Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères

Le Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères, Josep Borrell, a été chargé de dresser une liste de personnes à sanctionner. "Il s'agit de personnes qui sont concernées par l'arrestation et la détention de M. Navalny", a-t-il déclaré sans citer de noms. "Il faudra prouver qu'elles ont directement participé à la commission de l'acte qui a été commis." Ces sanctions devraient être adoptées dans une semaine.

"Il y a eu évaluation partagée selon laquelle la Russie est en train de dériver vers l'autoritarisme et s'écarter de l'Europe. La Russie semble rechercher l'affrontement et se dégager de ses relations avec l'Union européenne", a déclaré Josep Borrell.

Pas d'oligarque sanctionné

Aucun oligarque proche du Président russe Vladimir Poutine ne figurera sur la liste, contrairement aux appels de l'opposition russe. "Nous ne devons pas sanctionner les gens parce qu'ils ne nous plaisent pas", a estimé le chef de la diplomatie européenne.

Le Parlement européen et plusieurs États membres ont appelé à sanctionner les oligarques proches de Vladimir Poutine.

Leonid Volkov, le chef de cabinet d'Alexeï Navalny, avait rencontré dimanche plusieurs ministres européens à l'initiative de l'ambassade de Lituanie, pour plaider en faveur de sanctions contre les oligarques du cercle de Poutine. Le Parlement européen, de même que plusieurs États membres comme les pays baltes et le Danemark, ont aussi appelé à sanctionner les oligarques.

Josep Borrell a également défendu sa récente visite à Moscou, estimant qu'elle avait permis d'être informé sur les intentions des autorités russes. Cette visite avait été vivement critiquée par les eurodéputés. "Peut-être que s'il n'y avait pas eu de visite, il n'y aurait pas eu d'unanimité pour sanctionner la Russie", a précisé le chef de la diplomatie européenne

Par ailleurs, de nouvelles sanctions devraient être prises contre des membres du régime biélorusse, le dictateur Alexandre Loukachenko poursuivant sa répression contre l'opposition.

Sanctions contre l'armée birmane

Les ministres des Affaires étrangères ont également décidé de prendre des sanctions contre l'armée birmane qui a perpétré un coup d'État le 1ᵉʳ février dernier. "Nous allons avoir des mesures ciblées sur les militaires et leurs intérêts économiques. Dans ce pays, les militaires ne s'occupent pas uniquement de défense, ils gèrent des pans importants de l'économie", a déclaré Josep Borrell.

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