L'UE décide de nouvelles sanctions contre la Biélorussie et prime l'opposition

La cheffe de l'opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovksaya, a reçu le prix Sakharov 2020. ©EPA

L'opposition biélorusse était au Parlement européen pour recevoir le prix Sakharov 2020. Le même jour, l'Union européenne sanctionnait des entreprises proches du régime du dictateur Loukachenko.

La cheffe de l'opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaya, a reçu mercredi à Bruxelles le prix Sakharov 2020 des mains du président du Parlement européen, David Sassoli. Au même moment, les 27 ambassadeurs de l'Union européenne décidaient de nouvelles sanctions contre les personnes proches du régime du dictateur Alexandre Loukachenko et des entreprises biélorusses.

"Des détenus étiquetés avec des couleurs pour savoir comment ils doivent être battus, des personnes enfermées dans des cathédrales, c'est cela, la Biélorussie d'aujourd'hui, des détenus contaminés volontairement au covid, c'est cela, la Biélorussie d'aujourd'hui", a lancé Svetlana Tikhanovskaya devant les eurodéputés et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

"Des détenus étiquetés avec des couleurs pour savoir comment ils doivent être battus, des personnes enfermées dans des cathédrales, c'est cela, la Biélorussie d'aujourd'hui."
Svetlana Tikhanovskaya
Cheffe de l'opposition biélorusse

L'ancienne candidate à la présidentielle, exilée en Lituanie, a souhaité que "tous les Biélorusses qui sont en prison ou forcés à vivre en exil puissent rentrer à la maison".

Le prix Sakharov "pour la liberté de l'esprit" a été remis à dix personnalités de l'opposition, dont l'opposante Maria Kolesnikova, aujourd'hui emprisonnée, et le dirigeant de la chaîne d'information Stephan Putilo. Les lauréats ont été ensuite accueillis par la diaspora biélorusse à l'extérieur du Parlement.

Plus de 500 cas de torture

Depuis le début de la révolte, après la présidentielle du 9 août, plus de 30.000 personnes ont été arrêtées lors de manifestations. Les ONG Viasna et Amnesty International ont répertorié plus de 500 cas de torture. La plupart des opposants ont été emprisonnés, les autres se sont exilés en Lituanie et en Pologne.

"Le monde entier sait ce qu'il se passe dans votre pays. Nous voyons votre courage. Nous voyons le courage des femmes. Nous voyons votre souffrance. Nous voyons les abus indicibles", a répliqué le président du Parlement européen. "Votre aspiration et votre détermination à vivre dans un pays démocratique nous inspirent."

"Le monde entier sait ce qu'il se passe dans votre pays. Nous voyons votre courage. Nous voyons le courage des femmes. Nous voyons votre souffrance."
David Sassoli
Président du Parlement européen

L'Union européenne ne reconnaît pas l'élection du président Alexandre Loukachenko. Ce dernier, appuyés par le KGB et la police d'État, réprime durement les manifestations qui rassemblent tous les dimanches des dizaines de milliers de personnes.

Nouvelles sanctions

Les ambassadeurs de l'UE, réunis mercredi, ont adopté une nouvelle série de sanctions contre le régime biélorusse. Cette nouvelle liste compte vingt-neuf personnes, qui s'ajoutent à la cinquantaine de proches du régime biélorusse déjà sanctionnés. Pour la première fois, sept entreprises soutenant le dictateur seront, elles aussi, sanctionnées. Ces sanctions doivent être publiées jeudi au Journal officiel de l'UE.

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