L'UE dénonce la désinformation russe sur Navalny et la Biélorussie

Le dissident russe Alexeï Navalny, empoisonné au Novitchok, est au coeur d'une campagne de désinformation. ©Photo News

Les autorités européennes ont constaté une augmentation des campagnes de désinformation provenant des médias financés par Moscou, comme Russia Today et Sputnik News, sur la Biélorussie et l'affaire Navalny.

L'Union européenne détecte depuis plusieurs jours des campagnes de désinformation massives des médias pro-kremlin sur la révolte en cours en Biélorussie et l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny. À l'origine de ces activités, la télévision Russia Today (RT) et le journal en ligne Sputnik News, deux médias financés par la Russie et traduits dans plusieurs langues.

"Nous assistons à une activité croissante de ces médias contrôlés par l'État russe, mais aussi d'un écosystème de différents sites internet proches du Kremlin", dit un haut fonctionnaire européen.

La stratégie de désinformation, observée depuis plusieurs années par les unités spécialisées StratCom de l'UE et de l'Otan s'est complexifiée, observent les autorités européennes. "Ces 'informations sont relayées par des acteurs locaux", situés dans les pays cible, "et plus seulement par des acteurs basés quelque part en Russie, comme à Saint-Petersbourg", ajoute cette source. "Cette désinformation peut miner nos démocraties de l'intérieur."

"L'Otan est accusée de masser des troupes autour de la Biélorussie en vue d'une invasion."
Une source européenne

La crise biélorusse

Une activité de désinformation croissante est observée en Biélorussie sur les télévisions, radios, médias sociaux et le service de messagerie russe Telegram. "L'Europe est citée comme une source de la révolte en cours en Biélorussie et une menace contre la sécurité du pays", reprend cette source. "L'Otan est accusée de masser des troupes autour de la Biélorussie en vue d'une invasion, ce qui est faux."

Parallèlement, l'UE constate une répression féroce contre les journalistes en Biélorussie. Depuis le début des manifestations, 151 journalistes ont été arrêtés, plus de 200 violations des droits de la presse ont été constatées, des accréditations ont été retirées. Les médias étatiques, eux, ne sont pas inquiétés.

"Les médias russes ont renforcé leur présence en Biélorussie, ils influencent les médias locaux en affirmant que l'UE est contre la Russie et la Biélorussie."
Une source européenne

"Les médias russes ont renforcé leur présence en Biélorussie, ils influencent les médias locaux en affirmant que l'UE est contre la Russie et la Biélorussie", ajoute-t-elle. "RT exerce un rôle dominant, en soutenant à 100% le président contesté Alexandre Loukachenko. Pas moins de 30% des talk-shows politiques biélorusses sont enregistrés en Russie."

L'affaire Navalny

Des articles remettant en cause l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny sont également diffusés en Europe. Certains médias pro-kremlin affirment que "rien n'est arrivé à Navalny", d'autres prétendent que le dissident "a bu un peu trop d'alcool" ou que "Navalny ne signifie plus rien sur la scène politique".

En Allemagne, où est soigné Alexeï Navalny, RT en langue allemande est devenu le deuxième média le plus partagé sur les réseaux sociaux.

La réponse européenne

La réplique à ces vagues de désinformation est complexe, la liberté d'expression étant une valeur fondamentale de l'UE. Mais l'Europe refuse de laisser se créer une fausse image d'elle-même.

Un plan d'action européen pour contrer la désinformation est en cours d'élaboration. Dialogue avec les plateformes, sanctions contre les médias et les journalistes. Plusieurs options sont à l'étude. Certaines réponses radicales ont déjà été prises en Europe. En Lituanie, la télévision RT et Sputnik News ont été bannis.

"C'est une manipulation coordonnée et intentionnelle de l'information, plus qu'une simple fausse nouvelle."
Une source européenne

"La première solution est de montrer ce qui se passe", explique une source européenne. Le site euvsdinsinfo, de l'unité européenne StratCom, répertorie de manière très exhaustive les principales campagnes de désinformation.

Il faut aussi définir la désinformation. "C'est une manipulation coordonnée et intentionnelle de l'information, plus qu'une simple fausse nouvelle", poursuit-elle, "il ne s'agit pas que de contenu, mais d'une ingérence importante de l'étranger".

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