L'UE, l'OMS et 20 pays appellent à un traité sur les pandémies

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Le traité international sur les pandémies tirerait les leçons des échecs dans la gestion de la crise sanitaire. Parmi ces défaillances, en Europe, le manque de transparence dans la production et la distribution des vaccins.

Il y a plus d'un an débutait une pandémie sans précédent face à laquelle le monde a manqué de coordination et de solidarité, comme le montrent les inégalités dans la distribution du vaccin contre le Covid-19. L'Union européenne (UE) doit aujourd'hui relever plusieurs défis pour rattraper des erreurs commises au début de la crise sanitaire, sa priorité étant d'accélérer la production et la distribution de vaccins.

Pour mieux coordonner à l'avenir les efforts internationaux, l'UE, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et une vingtaine de dirigeants appellent ce mardi, dans une lettre ouverte, au lancement de négociations pour un traité international sur les pandémies.

"Nous avons été pris au dépourvu. Il y a donc là une forme d'échec, et il faudra en tirer les conséquences et les leçons."
Charles Michel
Président du Conseil européen

L'idée avait été évoquée pour la première fois l'été dernier par le président du Conseil européen Charles Michel. Un tel traité aurait pour objectif, selon ses initiateurs, de mieux mobiliser la communauté internationale, d'anticiper et de gérer les éventuelles futures pandémies. Parmi les cosignataires de la lettre, on retrouve des pays comme le Chili, le Sénégal, la France, l'Allemagne, l'Ukraine, le Royaume-Uni, la Tunisie, l'Indonésie et la Corée. L'intention de ces pays répartis sur les 5 continents est de lancer une dynamique internationale.

Le traité porterait, entre autres, sur la surveillance des risques, le financement de la recherche, un meilleur partage des informations, la sécurisation des chaînes d'approvisionnement de vaccins et de médicaments, l'amélioration des soins de santé. Le chantier est vaste.

"Nous savions que le monde n'était pas à l'abri d'une pandémie de grande ampleur. Cependant, nous avons été pris au dépourvu. Il y a donc là une forme d'échec, et il faudra en tirer les conséquences et les leçons", avait dit Charles Michel, fin décembre aux Nations unies.

Manque de transparence

L'Europe commence à tirer les conséquences de ces leçons, alors que sa campagne de vaccination est à la traîne par rapport aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le manque de transparence est mis en avant avec insistance dans les milieux européens pour expliquer ces débuts difficiles.

La Commission européenne a signé l'été dernier six contrats de pré-achats de vaccins avec des laboratoires, chaque État effectuant lui-même ses propres commandes. Ces contrats ne sont toujours pas publiés dans leur entièreté, tandis qu'un mystère pèse sur la manière exacte dont la répartition des doses a été décidée entre Européens.

30%
Des vaccins commandés
Les Européens reprochent à la firme de ne lui avoir livré que 30% des vaccins commandés, alors que le Royaume-Uni a reçu 100% de sa commande.

Les 27 États de l'UE étaient censés se répartir les vaccins au prorata de leur population. Trois mois après le début de la vaccination, les inégalités se creusent.

L'Allemagne et le Danemark auraient commandé plus de doses que ce qui leur était dévolu, en se servant dans les quantités laissées par d'autres États moins gourmands. Selon certaines sources, l'information n'aurait pas toujours circulé correctement entre certaines capitales et le comité de pilotage européen ("steering group") chargé des achats.

Le manque de transparence sur les chaînes de production des entreprises a aussi joué. Les deux firmes les plus avancées dans la délivrance du vaccin, Pfizer et AstraZeneca, ont éprouvé des difficultés dès le début de la production.

Pfizer est rentrée dans les lignes, en ouvrant ses usines à l'UE et en assurant la livraison des quantités de vaccins convenues.

AstraZeneca n'y est pas encore. Les Européens reprochent au groupe britannique de ne lui avoir livré que 30% des vaccins commandés, alors que le Royaume-Uni a reçu 100% de sa commande. Ses exportations vers le Royaume-Uni pourraient être bloquées, une situation qui envenime les relations entre Londres et Bruxelles.

Le résumé

  • L'Europe, l'OMS et vingt pays veulent lancer une négociation autour d'un traité international sur les pandémies.
  • Ce traité tirerait les leçons des échecs dans la gestion de la pandémie.
  • Parmi les leçons de cette crise, l'UE reconnaît un manque de transparence dans la conclusion des contrats vaccinaux, la production et la distribution des vaccins.

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