La BCE devrait maintenir ses taux jusqu'en avril

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L’inflation basse est un effet de la chute des prix pétroliers. Elle favorise le pouvoir d’achat des ménage et des entreprises. La banque centrale ne s’en inquiète donc pas.

Baissera, baissera pas? Certains économistes pensent qu’après avoir vu l’inflation tomber à 0,7% en décembre, la Banque centrale européenne (BCE) n’aura pas d’autre choix, lors de sa réunion d’aujourd’hui, que de baisser une nouvelle fois son principal taux directeur, déjà poussé à un plancher historique (0,25%).

À y regarder de plus près, il serait pourtant plus probable qu’elle opte pour le statu quo, au moins jusqu’au mois d’avril, pronostique Peter Vanden Houte, chief economist chez ING. "Si elle devait baisser son taux, ce serait plutôt de 15 points de base, à 0,10%, afin de garder des munitions pour la suite et ne pas se retrouver en bordure de terrain négatif. Mais je pense qu’elle attendra de toute façon les prévisions de ses services d’étude en mars, notamment pour appréhender l’impact de la crise des devises émergentes".

Des risques de déflation très limités

Pour l’économiste, les risques déflationnistes sont en réalité très limités: "l’inflation très basse provient essentiellement de la baisse des prix de l’énergie. C’est une déflation importée qui est en fait tout bénéfice pour les ménages et les entreprises puisqu’elle augmente leur pouvoir d’achat. Il ne faut pas en avoir peur. Il y a eu aussi des changements de méthode de calcul en Allemagne et en Grèce notamment".

Et puis pourquoi sortir la grosse artillerie maintenant alors que "la plupart des indicateurs montrent que la confiance dans l’économie s’améliore, que ce soit les ventes au détail, le sentiment des directeurs d’achats ou les ventes de voitures".

Des taux proches de zéro, voire négatifs comme l’étaient ceux du Danemark au plus fort de la crise de l’euro par exemple, se justifient aussi quand une monnaie joue les refuges pour les capitaux internationaux, afin de freiner la hausse de la devise et redonner de l’air aux exportations.

Or "la pression haussière sur le taux de change de l’euro s’est considérablement réduite. Et puis cette méthode, dont on sait qu’elle a été discutée au sein de la BCE même si le consensus y est défavorable, n’apporte rien à l’octroi des crédits puisque les banques sont alors tentées d’augmenter leurs marges sur les crédits et finalement on obtient l’effet inverse", relève Peter Vanden Houte.

Messages subliminaux

D’autres mesures sont encore à la disposition de la banque centrale.

À Davos, son président Mario Draghi a ainsi évoqué le rachat d’emprunts titrisés aux banques commerciales afin de soulager leurs bilans et ainsi leur permettre de prêter davantage.

"Cela ne pourrait toutefois pas être mis en place du jour au lendemain et beaucoup de gouverneurs sont contre, car ce serait transférer à la BCE un risque privé. Je crois que Draghi a juste dit ça pour rassurer le marché. On attend de toute façon les résultats des examens bancaires en avril, il serait judicieux de les attendre", relève l’économiste.

De toute façon, "la BCE viendra difficilement avec des mesures non-conventionnelles avant le jugement de la Cour constitutionnelle allemande, qui doit s’exprimer sur la légalité du programme de rachat d’obligations d’État illimité". Et ce jugement a lieu en… avril, qui semble décidément la date clé avant de voir tout changement majeur dans la politique de la banque centrale.

Elle pourrait aussi annoncer la fin de la "stérilisation" dans son bilan des achats des obligations périphériques mais cela "n’aurait pas beaucoup de sens en pratique puisque les liquidités sont déjà illimitées jusqu’à l’été 2015", conclut l’économiste.

Il prévoit une inflation à 1,4% d’ici à la fin de l’année.

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