La BCE n'imprimera pas de monnaie pour résoudre la crise

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Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), a estimé que la Grèce a fait des progrès "perceptibles", "significatifs" en matière de réformes, même s'il reste du travail à faire, a-t-il déclaré devant le Parlement européen. Il a également ajouté que la BCE n'imprimerait pas de monnaie pour sortir de la crise.

La Banque centrale européenne (BCE) n'imprimera pas de monnaie pour résoudre la crise de la dette en zone euro, a déclaré mardi son président Mario Draghi.

"La BCE ne peut s'engager dans du financement monétaire et ne peut pas remplacer l'action des Etats membres (de la zone euro). Il est trop facile de penser que la BCE peut remplacer l'action des gouvernements ou leur manque d'action en imprimant de la monnaie. Cela n'arrivera pas", a dit M. Draghi lors de son audition devant la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, retransmise par la télévision du Parlement.

"La BCE a déjà fait beaucoup", a-t-il ajouté, en référence aux liquidités mises à disposition des banques et aux programmes de rachat de dette des Etats en difficulté de la région, dont le dernier en date, l'OMT, a largement contribué à l'accalmie sur les marchés depuis son annonce début septembre.

"Nous avons nos propres responsabilités et nous devons agir dans le cadre de notre mandat", a signifié M. Draghi. Un mandat qui lui interdit de financer les déficits publics en imprimant de la monnaie, notamment pour éviter de créer de l'inflation alors que l'objectif fixé à la BCE est de la maintenir sous le seuil de 2% à moyen terme.

Les rachats d'obligations publiques effectués par la BCE depuis 2010 sont entièrement stérilisés, c'est à dire que l'institution prend en dépôt de la part des banques le montant de ces rachats pour éviter de créer de la monnaie.

Progrès de la Grèce

A propos de la Grèce, Mario Draghi a estimé que le pays avait fait des progrès "perceptibles", "significatifs" en matière de réformes, même s'il reste du travail à faire, a estimé mardi le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi.

"Il est clair que les progrès en matière des réformes nécessaires sont perceptibles et significatifs et il est clair aussi qu'il faut en faire plus", a dit M. Draghi, lors de son audition devant la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, retransmise par la télévision du Parlement.

Ceci étant, Mario Drgahi a ajouté que la Grèce devait faire davantage pour redresser ses finances publiques.

"Il est très clair qu'il y a eu des progrès perceptibles et significatifs au niveau de la nécessaire politique de réformes", a-t-il dit devant la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. "Nous voyons des progrès, nous voyons aussi la nécessité de poursuivre le travail".

"Il ne fait pas de doute que le processus de consolidation budgétaire déprimera à court terme, et a déprimé, la production dans différentes parties de la zone euro", a aussi reconnu le patron de la BCE.

"Mais quelle est l'alternative ? N'oublions pas que la crise est partie d'un accroissement de l'aversion au risque qui reflétait plusieurs problèmes, dont l'un était le caractère non soutenable des niveaux de déficit et de dette".

Mario Draghi a encore estimé que la crise de confiance dans la zone euro s'était "atténuée mais était encore là".

Un an pour transformer la BCE en organe de supervision

Mario Draghi a aussi estimé qu'il faudrait une année pour transformer la BCE en organe de supervisision bancaire, rôle que la Commission européenne souhaite lui attribuer au 1er janvier 2013.

"La BCE n'est pas censée prendre en charge la supervision dans un délai de trois mois. Ce sera une période de transition. Nous prévoyons qu'il faudra un an pour adapter toutes les structures", a-t-il dit devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

"L'important que le système de régulation entre en vigueur le 1er janvier, après quoi on commencera à travailler officiellement avec les superviseurs nationaux pour le mettre en place. On se donne un an".

Mario Draghi a redit son attachement à une stricte séparation, au sein de la BCE, entre les activités de supervision et de politique monétaire.

Peu avant, la présidente de la Bafin, l'autorité allemande de régulation financière, avait estimé que l'échéance fixée pour la mise en place d'une supervision bancaire à l'échelle de la zone euro serait probablement repoussée d'un an.

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