La Belgique doit réduire de 35% ses émissions de gaz à effet de serre

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Dans le plan climat présenté par la Commission européenne, tous les pays membres ont reçu une note salée. Avec une obligation de réduction de 35% de ses émissions de CO2 d'ici 2030, la Belgique, s’en sort mieux que ses voisins. Avis non partagé par la FEB.

La Belgique devra à l'horizon 2030 réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 35%. La Commission européenne a en effet dévoilé ses propositions de répartition des efforts entre chaque état.

L'effort le plus conséquent est demandé aux Etats les plus riches de l'Union. Selon les documents publiés par la Commission, l'Allemagne, première économie européenne et aussi plus gros émetteur de gaz à effet de serre, devra réduire la voilure de 38%, de 37% pour le Royaume-Uni (2e principal pollueur), et de 37% pour la France.

A l'inverse, l'effort imposé aux économies les moins riches de l'Union est moindre. L'effort demandé à la Bulgarie est de maintenir un niveau égal à celui de 2005. La Croatie, la Lettonie, la Lithuanie, la Hongrie, la Pologne (5e émetteur européen) et la Roumanie sont appelés à réduire leurs émissions de 2% à 9%.

L'effort varie aussi en fonction des secteurs d'activité. L’industrie lourde et le secteur énergétique devront opérer via l’échange de droits d’émission au niveau européen. Les pays membres devront aussi fournir des efforts importants dans les secteurs du transport et agricole, et améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments.

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35%, C'est pas si mal

Les 35% (par rapport à l’année de référence 1990) imposés à la Belgique n’est pas une surprise. Mais dans les cercles gouvernementaux belges, certains espéraient une obligation de réduction de 31 ou 32%, voire même de 25 à 27%.

Pourtant la Belgique s’en sort malgré tout mieux que les pays voisins. Les calculs ont été effectués sur la base de la richesse par habitant. La Belgique, "un pays fortement industrialisé avec des émissions élevées de CO2 par habitant", devrait normalement se voir imposer une obligation de réduction de 38%.

Pour la FEB, cet effort demandé à la Belgique est disproportionné par rapport à celui demandé dans d'autres pays riches. La fédération des entreprises prône dans un communiqué pour que la Belgique "prenne des objectifs ambitieux mais réalistes". Un accord devra ainsi être noué entre les différentes entités fédérale et régionales en vue d'établir les efforts à réaliser entre 2021 et 2030, mais avant tout en vue d'accepter définitivement les attentes européennes.

De plus, la Belgique peut encore réduire ce chiffre à 32,5% si elle fait appel aux nouvelles règles flexibles. Les pays peuvent décider d’utiliser eux-mêmes une partie des droits d’émission de l’industrie pour financer les efforts dans les bâtiments et le transport:

→ Ils peuvent comptabiliser les plantations d’arbres

→ Recourir à une agriculture plus respectueuse du climat.

→ Revoir le timing et la manière de labourer, par exemple, peuvent bloquer plus ou moins de carbone dans le sol.

→ Utiliser le budget carbone comme bon lui semble et même échanger des droits avec un autre pays européen. Le rachat de droits via des projets des pays en développement ne sera plus possible.

Il faut souligner que le Brexit ne changera rien à ce plan climat. Les Britanniques font entièrement partie du plan, et la Norvège et l’Islande, qui ne sont pas membres de l’UE, soutiennent l’accord de Paris et participeront aux efforts.

Autre élément à souligner: cette fois, seule la réduction des émissions de CO2 est obligatoire. Le précédent plan climat obligeait la Belgique à réduire les émissions de CO2de 15% d’ici 2020 et d’augmenter la part des énergies renouvelables à 13%.

Les pays membres de l’UE avaientapprouvé le plan visant à réduire de 0 à 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 en octobre 2014.

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