La Belgique ne soutient pas l'accord de Malte sur la répartition des migrants

L'Ocean Viking faisant route vers l'île de Lampedusa, le 15 septembre. ©AFP

À peine 10 États sur les 28 membres de l'UE ont accepté de soutenir ce mardi à Luxembourg une proposition de répartition automatique des migrants déposée par la France, l'Allemagne, Malte et l'Italie. C'est insuffisant pour qu'elle puisse entrer en application. La Belgique ne soutient pas cette proposition.

"S’il n’y a pas de politique d’asile commune dans l’Union européenne, il y a un danger que l’immigration incontrôlée s’impose encore en Europe. Nous avons vu cela avant, et je ne veux pas que cela recommence", a lancé le ministre allemand des Affaires intérieures Horst Seehofer mardi lors du Conseil européen Affaires intérieures à Luxembourg.

Malte, l’Allemagne, la France et l’Italie ont déposé sur la table du Conseil une proposition pour tenter de solutionner le problème d’accueil et de répartition des migrants. Le retournement de l'Italie s'explique par le départ de l'extrême droite du gouvernement.

À peu près une dizaine de pays sont prêts à jouer le jeu.
Une source à la sortie du Conseil

Les quatre pays avaient conclu un préaccord le 23 septembre dernier à La Valette et espéraient obtenir un soutien des autres États de l'UE à Luxembourg. Cet accord prévoit un mécanisme de répartition automatique des migrants au sein de l’Union européenne. Ce système s'arrêterait en cas d'afflux massif.

L’accord serait temporaire, d'une durée de six mois, dans l’attente d’une réforme de la Convention de Dublin qui confie l’accueil des migrants au pays d'arrivée.

Fiasco humanitaire

L'objectif est de mettre fin au fiasco humanitaire dans lequel l’Europe, incapable de gérer une politique d’accueil migratoire, s’est enlisée.

6 milliards
d'euros
Pour sortir de la crise de 2015, l’Union européenne a "sous-traité" la question de l’accueil des réfugiés à la Turquie, contre un soutien de six milliards d’euros.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un nouveau drame est survenu au large des côtés Italiennes où treize femmes fuyant la Libye à bord d’un navire de fortune sont mortes noyées. Pour l'instant, les navires de sauvetage sont le plus souvent immobilisés au large des côtes avec les rescapés à bord. 

Dix pays sur vingt-huit à peine

Une dizaine de pays ont apporté leur soutien ce mardi, lors d’une longue discussion au dîner (Irlande, Portugal Croatie, Luxembourg, Slovénie, Lituanie, Lettonie et Estonie). Les porteurs du projet, la France et l’Allemagne souhaiteraient étendre cet accord à une vingtaine de pays. On est loin du compte. "À peu près une dizaine de pays sont prêts à jouer le jeu", a dit une source à la sortie du Conseil Affaires intérieures.

L’accord ne viserait, dans un premier temps, qu’une zone réduite, la Méditerranée centrale, les migrants débarqués en Italie et à Malte.

Plusieurs pays s'opposent à cet accord, en premier lieu les pays de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie).

S’il n’y a pas de politique d’asile commune dans l’Union européenne, il y a un danger que l’immigration incontrôlée s’impose encore en Europe.
Horst Seehofer
Ministre allemand des Affaires intérieures

La Grèce, en première ligne de l’arrivée des migrants sur le couloir de migration oriental, veut que l’Europe fournisse plus d’efforts pour l’aider à encaisser le choc. Chypre et la Bulgarie les rejoignent. Le Luxembourg hésite.

Le Danemark ne souhaite pas, non plus, rejoindre l'initiative. 

La Belgique, dont le gouvernement est en affaires courantes, ne peut soutenir l'accord, dit une source proche de la ministre à l'Asile et la Migration Maggie De Block.

La Turquie veut plus d’argent

Pour sortir de la crise de 2015, l’Union européenne a "sous-traité" la question de l’accueil des réfugiés à la Turquie, contre un soutien de six milliards d’euros. Ankara, en pleine offensive diplomatique sur la question syrienne, veut plus d’argent. "97% de ces fonds ont déjà été alloués à la Turquie", a dit mardi une porte-parole de la Commission européenne.

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