La Belgique perd son plus haut gradé à la Commission

Jos Delbeke, le Belge plus haut gradé de l'administration de la Commission européenne, quitte son poste.

Redistribution des postes clés à la Commission... Alors que Jean-Claude Juncker place son chef de cabinet à la tête de l'administration européenne, Jos Delbeke, le plus haut fonctionnaire belge de la Commission, quitte son poste.

La Belgique va perdre "son" fonctionnaire le plus gradé au sein de l'administration de la Commission européenne. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a annoncé une importante vague de nominations ce mercredi. Parmi les changements, le Belge Jos Delbeke a appris qu'il devrait quitter son poste de Directeur général en charge du climat.

Des règles implicites à la Commission veulent qu’un haut fonctionnaire ne reste pas plus de cinq ans à ce type de poste, indique une source européenne qui ne souhaite pas être nommée. Or Jos Delbeke y a passé huit ans. Aucun Belge ne bénéficiant d’une promotion du même rang, la Belgique perd son représentant le plus haut gradé au sein de l’administration de la Commission.

"Ce n’est pas normal"

Jos Delbeke deviendra conseiller auprès du think tank de la Commission, le Centre européen de stratégie politique, où il travaillera sur un programme pour l'Institut universitaire de Florence. Il est remplacé à son poste par l'Italien Mauro Petriccione, le négociateur commercial de la Commission. Un Belge est promu au rang de directeur général adjoint: Koen Doens, un ancien des Affaires étrangères qui a notamment été porte-parole de la Commission Barroso, sera n°2 de l’administration de la Coopération internationale et développement.

À la Commission européenne, tous les fonctionnaires servent l'intérêt supérieur de l'Union - officiellement donc, les nationalités ne comptent pas vraiment. Sauf que les vingt-huit commissaires sont en principe attentifs à un certain équilibre des "sensibilités nationales".

Le fait qu’un Etat fondateur comme la Belgique n’ait pu "placer" aucun de ses talents à l'un des 39 postes hauts postes de l'administration (en comptant le Secrétaire général et le négociateur en chef pour le Brexit) "n’est pas normal", selon notre source, qui estime que cela découle notamment du fait que la Belgique contrairement à d’autres États membres, n’a pas vraiment de politique de long terme pour les hauts fonctionnaires de la Commission. La faible représentation des Belges au sommet de l’administration européenne est structurelle et peut aussi s’expliquer par leur surreprésentation dans les postes middle management.

 

Plus de femmes

Le départ de Jos Delbeke s’inscrit dans un jeu de chaises musicales plus vaste déclenché par le départ, volontaire selon Jean-Claude Juncker, du grand chef de son administration, le Néerlandais Alexander Italianer, au 1er mars.

Le collège des Commissaires européens a décidé de placer le chef de cabinet de Juncker, Martin Selmayr, à la tête de l’administration - c'est donc un Allemand qui dirigera le navire au moins jusqu'à la fin du mandat de cette Commission. Le président de la Commission a nommé l’Espagnole Clara Martinez Aberola pour prendre la place de son bras droit. Elle deviendra ainsi la première femme cheffe de cabinet d’un président de la Commission.

Si le nouveau grand patron de l'administration est un homme, la redistribution des postes annoncée renforce la féminisation du management de la Commission. Au terme du mandat de la Commission Barroso, les postes de Directeur général et Directeur général adjoint n'étaient occupés qu'à 11% par des femmes. Avec l'annonce d'aujourd'hui, la proportion passe à 36%. À son arrivée au Berlaymont, Jean-Claude Juncker s'était fixé l'objectif de féminiser les postes de direction pour atteindre 40% de femmes durant son mandat.

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