"La boîte de nuit ne disposait pas des autorisations requises": 30 morts à Bucarest

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Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Bucarest dimanche pour exprimer leur solidarité envers les victimes de l'incendie meurtrier dans une boîte de nuit la veille, dont le bilan est d'au moins 30 morts.

Plus de 10.000 personnes, selon la gendarmerie, ont marché de l'emblématique place de l'Université -haut lieux du soulèvement populaire contre le régime communiste il y 25 ans- vers les lieux du drame où de nombreux autres Bucarestois se recueillaient devant une mer de fleurs et de cierges déposés depuis samedi.

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Trois blessés, gravement brûlés, ont succombé à leurs blessures dimanche, portant le bilan de la tragédie à 30 morts, en majorité des jeunes dont un mineur de 15 ans. "Je suis venu rendre hommage à ceux qui sont morts et montrer mon soutien aux blessés qui luttent pour survivre", a déclaré Gabriel Mistodie, la trentaine.

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Nous aurions dû "manifester avant, pour dire que nous n'entrons plus dans de tels établissements car nous ne sommes plus en sécurité", relevait de son côté Oana, 30 ans, alors que des manquements au règles élémentaires de sécurité ont été pointés du doigt.

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"C'est une tragédie provoquée d'une certaine manière par la corruption, l'indifférence et l'incompétence, et je pense que c'est un signal que les choses doivent changer dans la société roumaine", estime Gabriel Mistodie.

Le chef de l'Etat Klaus Iohannis a lui aussi plaidé, en des termes particulièrement forts, pour un changement fondamental de la société roumaine, chroniquement rongée par la corruption.

"Nous ne devons plus tolérer l'incompétence des autorités, l'inefficacité des institutions et nous ne pouvons pas laisser la corruption se développer à tel point qu'elle finit par tuer", a-t-il déclaré dimanche soir dans une intervention télévisée.

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• Irresponsabilité

Dimanche, quelque 140 personnes étaient toujours hospitalisées, a annoncé le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Raed Arafat, dont 35 "sont dans un état critique". Et 29 des blessés n'ont toujours pas pu être identifiés. "Nous craignons que le nombre des morts augmente de façon significative", a-t-il ajouté, à l'issue de la réunion d'un groupe de travail sur la situation au Palais Victoria, siège du gouvernement.

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Vendredi, 300 à 500 jeunes venus assister à un concert du groupe local de hard rock Goodbye to Gravity s'étaient entassés dans la discothèque Colectiv situé au coeur de la capitale lorsqu'un show pyrotechnique a déclenché un incendie. Selon plusieurs témoignages, la plupart des victimes ont été intoxiquées par une fumée épaisse qui a envahi le local, avant d'être rattrapées par les flammes.

Le Parquet général, chargé de l'enquête, doit auditionner les trois actionnaires du club, installé dans une ancienne fabrique de chaussures. Les médias ont accusé les propriétaires, mais aussi les autorités, d'"irresponsabilité". "Coïncidence, malédiction ou indolence criminelle?", s'est interrogé en Une le quotidien Evenimentul Zilei, selon lequel deux autres discothèques détenues par l'un des patrons de Colectiv ont déjà été détruites par des incendies ces dernières années.

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De nombreuses irrégularités ont déjà été identifiées. Une seule porte était ouverte dans la discothèque, qui ne disposait d'aucune sortie de secours. En outre, des matériaux inflammables de mauvaise qualité ont été utilisés pour l'isolation acoustique, ce qui a accéléré la propagation du feu, selon une source policière. La boîte de nuit ne disposait pas des autorisations requises pour accueillir des concerts et encore moins des shows pyrotechniques, a également souligné Raed Arafat.

Les enquêteurs veulent entamer rapidement l'audition des témoins. "Nous avons identifié ceux parmi les blessés hospitalisés dont l'état de santé permet de raconter ce qui s'est passé", a indiqué le Parquet.

Les résultats des premières autopsies ont révélé que les victimes avaient été intoxiquées par du monoxyde de carbone et des gaz toxiques, selon des sources médicales citées par l'agence roumaine Mediafax.

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