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La Chine a bien tenté d'influencer un rapport européen sur la désinformation

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell nie que ses services aient cédé aux pressions chinoises pour modifier leur rapport sur la désinformation. ©REUTERS

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a reconnu jeudi que Pékin avait tenté d'influencer le contenu d'un rapport européen sur la désinformation menée par la Chine et la Russie dans le cadre de la pandémie de Covid-19. Mais il affirme que ses services n'ont pas cédé.

Le Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a été soumis jeudi au feu des questions des députés européens sur le scandale des pressions exercées par la Chine sur les services européens pour modifier un rapport sur la désinformation. L'Espagnol a reconnu les "inquiétudes" de Pékin, mais nié que ses services aient cédé.

Les Chinois "n'étaient pas contents, et ils ne le sont toujours pas", a-t-il martelé devant la Commission des affaires étrangères, mais "aucun changement n'a été apporté".

Le quotidien américain New York Times a révélé, la semaine dernière, les pressions exercées par la diplomatie chinoise pour édulcorer le rapport du Service européen d'action extérieure (SEAE) sur la désinformation. Il avance, pour preuve, un email des services concernés. La première version du rapport, consultée par plusieurs médias, ne correspond pas au texte final publié le 24 avril. 

Pressions chinoises

Josep Borrell a dénoncé "les discours fallacieux et agressifs des acteurs internationaux, y compris la Russie et la Chine, mais aussi la Syrie et l'Iran". Mais "je peux vous assurer qu'aucun changement n'a été apporté à la première version pour satisfaire un acteur tiers, la Chine", a-t-il martelé au début de la séance.

"Ai-je donné un ordre, non!"
Josep Borrell
Haut représentant aux Affaires étrangères de l’UE

Les députés européens ont insisté pour qu'il entre dans les détails. Le chef de la diplomatie a fini par reconnaître après une heure que "la Chine avait exprimé ses préoccupations lorsqu'elle a pris connaissance du document par le biais de certains canaux."

"Ai-je donné un ordre, non!", a-t-il lâché.

Il a aussi reconnu l'existence de "deux textes différents, l'un destiné à l'interne, l'autre au grand public".

"Vos explications ne nous ont pas convaincus."
Hilde Vautmans
Eurodéputée libérale

La plupart des députés sont restés dubitatifs. "Vos explications ne nous ont pas convaincus", a dit la Belge Hilde Vautmans (Open Vld, Renew Europe). Marie Arena (PS, S&D) a interrogé Josep Borrell sur sa stratégie face à la censure exercée par la Chine sur ses propres médias, mais le Haut représentant a esquivé la question.

8.000 fausses nouvelles

Depuis 2015, l'unité StratCom du SEAE analyse la désinformation menée par des médias proches des gouvernements étrangers. Le rôle de la Russie et de la Chine est régulièrement épinglé. Les rapports sont publiés sur le site euvsdisinfo

La pandémie de coronavirus a entraîné une inflation des campagnes de désinformation pour déstabiliser l'Europe. Les trois derniers rapports du SEAE, publiés en mars et avril, font état de 8.000 fausses nouvelles, dont 400 portant sur la pandémie de Covid-19.

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