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analyse

La Commission Juncker prépare l'Europe au scénario du Brexit dur

©EPA

La Commission européenne proposera mercredi une série de mesures pour parer au chaos d’un Brexit dur. Les secteurs vitaux, comme les transports et les services financiers, devraient bénéficier d’une prolongation unilatérale de quelques mois de leur situation actuelle.

"J’ai des difficultés à comprendre ma propre psychologie et mes états d’âme. J’en ai encore plus à comprendre les états d’âme des députés britanniques", confiait jeudi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Vu l’épais brouillard pesant sur le choix de Londres de ratifier, ou pas, l’accord du Brexit, l’exécutif européen va de l’avant.

La Commission européenne doit adopter mercredi une série de législations pour préparer l’Europe à une sortie du Royaume-Uni de l’UE sans accord. Un Brexit dur. Dans ce scénario du pire, le 30 mars prochain, les citoyens devront continuer à circuler, les avions à voler et les capitaux à circuler.

"J’ai des difficultés à comprendre ma propre psychologie et mes états d’âmes. J’en ai encore plus à comprendre les états d’âme des députés britanniques."
Jean-Claude Juncker
président de la Commission européenne

Mesures d’équivalence unilatérales

La Commission veut préserver la continuité et la stabilité dans les domaines vitaux en cas de "no deal". Elle devrait proposer une série de décisions basées sur le plan d’action adopté le 13 novembre dernier pour parer à l’imprévu. Ces propositions devraient ensuite être validées par le Parlement européen.

"La Commission européenne va proposer de proposer des mesures d’équivalence temporaires et unilatérales dans certains domaines, comme les droits des citoyens, les services financiers et les transports", dit une source européenne. Pour que cela fonctionne, Londres devra faire de même.

"La Commission européenne va proposer de proposer des mesures d’équivalence temporaires et unilatérales dans certains domaines, comme les droits des citoyens, les services financiers et les transports."
source européenne

En pratique, l’UE prolongerait pour une période de plusieurs mois les accords en application à ce jour. Les opérateurs financiers ou les fournisseurs d’assurances britanniques actifs sur le territoire d’un des 27 États de l’UE pourront continuer à prester durant un certain temps.

L’UE ne peut agir dans tous les domaines, comme les pensions par exemple. "On ne peut légiférer pour tout", précise cette source, "les États européens devront s’occuper de certaines matières".

May ne veut pas d’un nouveau référendum

Entre-temps, la Première ministre Theresa May, décrédibilisée lors du sommet européen de jeudi, tente de survivre politiquement. Cette survie est liée à l’accord sur le Brexit qu’elle a négocié avec l’Union européenne. S’il est certain qu’elle passera Noël au "10 Downing Street", des embûches l’attendent après la trêve des confiseurs.

"Un autre vote causerait des dégâts irréparables à l’intégrité de nos politiques."
Jean-Claude Juncker
président de la Commission européenne

Theresa May se bat bec et ongles depuis jeudi dernier contre l’organisation d’un second référendum sur le Brexit. Pour le gouvernement britannique, un tel scrutin aggraverait les divisions et trahirait le choix effectué par les citoyens en juin 2016. "Un autre vote causerait des dégâts irréparables à l’intégrité de nos politiques, car cela dirait aux millions de Britanniques qui font confiance à la démocratie, que cette démocratie ne fonctionne pas", a dit Theresa May lundi aux députés britanniques.

Vote britannique entre le 14 et le 20 janvier

Le vote de l’accord du Brexit au Parlement est une autre inconnue qui pourrait faire basculer Theresa May. Ce vote devait avoir lieu le 11 décembre dernier, mais la Première ministre, sentant venir le vent du boulet, avait décidé le reporter sans fixer de nouvelle date. Le leader de l’opposition Jeremy Corbyn l’a menacé, ce lundi, d’un vote de défiance si une date n’était pas annoncée Theresa May a finalement répondu que le Parlement serait appelé à se prononcer entre le 14 et le 20 janvier.

Le risque d’un rejet de l’accord du Brexit reste important. Nul n’est en mesure de prévoir dans quel sens les élus se prononceront. La Première ministre est affaiblie dans son propre camp, où elle a gagné de justesse un vote de confiance la semaine dernière.

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