La Commission veut accélérer l'adoption du budget européen

Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. ©EPA

La Commission européenne presse les Vingt-huit de s’accorder le plus rapidement possible sur le futur budget de l’Union, tout retard pénalisant les citoyens et les entreprises.

Brexit, désaccord sur la PAC et les politiques de cohésion… Plusieurs obstacles retardent l’adoption du budget de l’UE 2021-2027. Günther Oettinger, le commissaire européen au Budget, s’est inquiété ce jeudi de ce que cette inertie impacte l’économie européenne.

Le franc-parler du commissaire allemand l’a amené lors de cette législature à des excès, comme lorsqu’il qualifia la Wallonie de "micro-région gérée par des communistes". Il pourrait s’avérer utile quand il s’agit de mettre la pression sur les États membres de l’UE. "Nous devons absolument accélérer le rythme", a-t-il lancé. "Il est temps maintenant d’avancer", a-t-il répété, revenant à la charge à plusieurs reprises.

"Nous avons besoin d’un accord politique, et le plus rapidement possible."
Günther Oettinger

Pour Günther Oettinger, il en va de "la crédibilité de l’Europe" et de la survie de ses politiques. La PAC et le fonds de cohésion, qui absorbent 80% du budget, mais aussi des politiques essentielles à sa compétitivité, comme le développement de la défense commune, de l’Europe numérique et de l’intelligence artificielle. "Nous avons besoin d’un accord politique, et le plus rapidement possible", a-t-il insisté, rappelant que les lenteurs lors de l’adoption du budget 2014-2020 "furent néfastes pour l’économie européenne et l’emploi". À cette époque, l’adoption du budget avait "entraîné une perte de temps de 18 mois", a-t-il dit. Les engagements de l’UE avaient dramatiquement chuté.

Pas d’accord en vue

Les Vingt-huit, chacun avec leur agenda politique en tête, ne devraient pas tomber d’accord sur le budget – au mieux – avant octobre prochain, date limite de l’existence de la Commission actuelle.

"Quel que soit le gouvernement britannique, il devra accepter de régler la facture."

Le Brexit engendre de lourdes incertitudes. Il créera un trou de 12 milliards dans le budget 2020. Londres devra payer la facture des engagements qu’elle ne pourra honorer, entre 40 et 45 milliards d’euros. Mais les déclarations récentes du favori au poste de Premier ministre britannique, Boris Johnson, font peser le doute. "Quel que soit le gouvernement britannique, il devra accepter de régler la facture", a averti Oettinger.

Par ailleurs, l’UE a besoin de nouvelles ressources pour financer les dépenses liées à Frontex, au fonds de recherche. C’est une autre source de blocages.

Pour compenser la perte liée au départ du Royaume-Uni et à la mise en œuvre de nouvelles politiques, la Commission a proposé de réduire le budget de la politique agricole de 5%. Mais la France et l’Irlande s’y opposent.

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