La Commission von der Leyen passe sous les fourches caudines du Parlement

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Le Parlement européen vote ce mercredi sur la prochaine Commission européenne dirigée par l’Allemande Ursula von der Leyen. La majorité tripartite la soutiendra, mais les eurodéputés n’ont pas oublié le rejet du candidat du Parlement après les élections.

C’est le jour J pour Ursula von der Leyen. La présidente élue de la Commission européenne présente ce mercredi son équipe de commissaires au Parlement européen. À midi, après un court débat, les députés voteront sur l’ensemble du nouveau collège.

Sauf surprise, le vote, à majorité simple, devrait être positif. Ursula von der Leyen est soutenue par la tripartite démocrate chrétienne (PPE), socialiste (S&D) et libérale (Renew Europe). La procédure électronique étant nominale, peu d’élus oseront se distinguer.

Les visages de la Commission von der Leyen

Qui sont les nouveaux commissaires européens? Quelles sont leurs compétences? A découvrir dans notre trombinoscope.

Les Verts s’abstiendront. L’extrême gauche et l’extrême droite voteront contre. L’entrée en fonction du nouvel exécutif européen est prévue ce dimanche.

Le PPE uni malgré le rejet de Weber

"Il faudra un renforcement de la démocratie européenne."
Manfred Weber
Chef de file du PPE

"Nous serons unis dans notre soutien à la Commission", dit Manfred Weber, le chef de file du PPE. Mais le Bavarois n’a pas oublié la claque infligée par le Conseil européen quand il a rejeté sa candidature à la présidence de la Commission, sous l’impulsion du président français Emmanuel Macron. L’initiative était pourtant légitimée par le Parlement, qui revendiquait ce choix de longue date. Cette éviction avait valu un passage de justesse à la candidate von der Leyen lors du vote des eurodéputés en juillet.

"Il faudra un renforcement de la démocratie européenne, met en garde Manfred Weber. Le Parlement européen doit pouvoir proposer ses propres initiatives législatives." Selon lui, cela ne nécessiterait pas de modification des traités. Il suffirait que l’exécutif européen accepte de mettre en œuvre toute décision prise à la majorité par les députés. Pieuse intention car jusqu’ici, tant la Commission que le Conseil européen ont tenu leurs compétences d’une main de fer.

Appui des socialistes et des libéraux

Les socialistes du S&D voteront en faveur du collège, où ils détiennent des postes clés. "C’est la Commission européenne la plus progressiste et la plus paritaire de tous les temps, affirme leur présidente Iratxe Garcia Perez. L’Europe doit se transformer, le message de l’électeur a été clair. Il faut une Commission proactive".

Les priorités des commissaires socialistes vont au climat, à la justice sociale et aux fonds de cohésion. Ils ont aussi obtenu la modification de l’intitulé très contesté du portefeuille "à la protection du mode de vie européen" du futur commissaire Margaritis Schinas (PPE).

"Ce ne sera pas un chèque en blanc."
Luc Vernet
Porte-parole des libéraux

Renew Europe, cornaqué par Emmanuel Macron, appuiera sans aucun doute la Commission. "Ce ne sera pas un chèque en blanc", avertit Luc Vernet, un porte-parole des libéraux. La troisième force politique de l’hémicycle travaillera à la protection de l’État de droit, incarnée par le futur commissaire à la Justice, le Belge Didier Reynders. La priorité ira aussi à un "green new deal" qui "signifie la prospérité et la durabilité", à la mise en œuvre rapide de l’intelligence artificielle et à la numérisation de l’économie, sous l’égide de son commissaire Thierry Breton.

Les libéraux soutiendront la Conférence sur l’avenir de l’Europe, une initiative lancée par Berlin et Paris pour une durée de deux ans. L’objectif de cette réforme du fonctionnement de l’UE est de la "rendre plus unie et plus souveraine". L’Europe en a besoin, tant le trauma du Brexit a épuisé ses élans.

La Commission entamera son mandat à 27, sans membre britannique, Londres ayant refusé de le désigner. "Il y a une décision du Conseil et les services juridiques me semblent confiants", dit Manfred Weber.

Abstention des Verts

"Ursula von der Leyen prétend qu’elle veut faire de l’écologie avec son green new deal, mais elle ment, elle fait semblant."
Philippe Lamberts
Coprésident des verts

Les Vert s’abstiendront. "Les partis traditionnels ont fait une erreur, celle de ne pas avoir inclus d’écologiste dans l’équipe, dit le coprésident des Vert, Philippe Lamberts. Ursula von der Leyen prétend qu’elle veut faire de l’écologie avec son green new deal, mais elle ment, elle fait semblant. C’est burlesque, tout comme cette soudaine urgence des libéraux et des socialistes à parler climat."

Le sens de leur abstention? "Nous ne voulons ni arrêter, ni soutenir la Commission. Nous lui disons: amenez la marchandise et on verra".

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