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La conférence sur l'avenir de l'Europe, encore opaque et confidentielle

Le lancement de la conférence sur l'avenir de l'Europe, le 9 mai à Strasbourg, est passé largement inaperçu. ©Photo News

Peu de citoyens en Europe, à part la bulle européenne et une poignée de gens bien informés, sont au courant de l'existence de la conférence sur l'avenir de l'Europe.

L'Union européenne lançait dimanche à Strasbourg la conférence sur l'avenir de l'Europe. L'inauguration, réunissant les leaders européens, est passée largement inaperçue. Il fut même question de l'annuler, deux jours avant, au risque de transformer l’événement reporté depuis un an en funérailles.

433
membres
La Conférence sur l'Avenir de l'Europe est composée de 433 membres, dont 108 députés européens et 108 élus nationaux.

Tour à tour, les présidents du Parlement européen David Sassoli et de la Commission Ursula von der Leyen, le Premier ministre portugais Antonio Costa et le président français Emmanuel Macron ont pris la parole. Tous ont vanté avec conviction cette conférence, supposée "donner la parole à chaque citoyen" durant un an pour orienter les futures réformes de l'Union européenne.

La conférence sur l'avenir de l'Europe est composée de 433 membres, dont 108 députés européens et 108 élus nationaux, ce qui fait environ quatre élus par pays. Des initiés. Les autres participants viendront de "panels citoyens". Lesquels? Il n'est probablement pas un Européen sur cent qui le sache.

Cette conférence porte un vernis de vœux pieux où l'on se persuade entre soi d'amorcer un changement suivi par "le" citoyen.

À un moment donné, il faut arrêter de se mentir. Peu de citoyens en Europe, à part la bulle européenne et une poignée de gens bien informés, sont au courant de cet exercice. Opaque et malheureusement, à ce stade, confidentielle, cette conférence porte un vernis de vœux pieux, certes sincères, où l'on se persuade entre soi d'amorcer un changement suivi par "le" citoyen.

Redéfinir l'Union européenne est une bonne chose. Un travail ambitieux et urgent. L'idée, portée par l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, est excellente. Par contre, sa réalisation souffre d'un interventionnisme réducteur. Limiter cette conférence à des conclaves dont l'ordre du jour et le débat sont cadenassés par avance et prétendre ensuite que "chaque citoyen a son mot à dire" tient de l'illusion démocratique.

Langage d'initié

Peu à peu, l'acide du populisme et de l'extrême droite, avec sa pensée simpliste, mais très audible, ronge l'Union européenne.

Paradoxalement, cela ne veut pas dire que les citoyens rejettent l'Union européenne. Au contraire, les enquêtes d'Eurostat le confirment, les Européens adhèrent au projet européen. Cela ne veut pas dire, non plus, que l'Union européenne est inactive, que du contraire. Le problème, c'est que les institutions européennes ne sont pas entendues. Peut-être parce qu'elles entretiennent trop souvent un langage d'initié. Tiennent la plus grande partie des journalistes loin des lieux de décision, en particulier depuis le début de la pandémie. Dans un tel contexte, peu à peu, l'acide du populisme et de l'extrême droite, avec sa pensée simpliste, mais très audible, ronge l'Union européenne. Le premier avertissement fut le Brexit, construit sur l'ignorance. D'autres ont suivi et cela continuera si cette conférence ne s'ouvre pas davantage aux citoyens.

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