La crise diplomatique autour de la Turquie prend de l'ampleur

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Le président Erdogan reprend de plus belle ses attaques contre les Pays-Bas et l’Allemagne après l’interdiction de meetings. Il attaque aussi la décision de la cour européenne sur le port du voile.

La Turquie continue à faire feu de tout bois dans la crise diplomatique qui l’oppose à plusieurs pays européens, au risque de provoquer de graves dommages et de mettre à mal un processus d’adhésion de son pays à l’UE déjà comateux.

Le président Recep Tayyip Erdogan ne décolère pas suite à la décision des Pays-Bas, de l’Allemagne et de l’Autriche d’interdire des meetings en faveur du "oui" au référendum pour accroître les pouvoirs présidentiels. Erdogan en veut aux Pays-Bas d’avoir expulsé samedi la ministre turque de la Famille et empêché celui des Affaires étrangères de venir participer à un meeting.

Lundi soir, la Turquie a suspendu les relations au plus haut niveau avec La Haye et refusé le retour de l’ambassadeur batave à Ankara. Ces mesures resteront d’application "tant que les Pays-Bas n’auront pas réparé les torts qu’ils ont commis", affirme la Turquie.

Erdogan évoque Srebrenica

Mardi, Erdogan a promis de nouvelles mesures "contre le terrorisme d’État", sans préciser lesquelles. Il s’est permis, au passage, d’évoquer le massacre de Srebrenica, commis par des Serbes en Bosnie en 1995, un drame que les casques bleus néerlandais présents dans la région n’ont pu empêcher. "Nous connaissons les Pays-Bas et les Néerlandais par le massacre de Srebrenica. Nous savons combien leur moralité a été entamée par les 8.000 Bosniens qui ont été massacrés", a dit Erdogan.

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, en pleine campagne électorale, a répliqué en qualifiant les propos présidentiels de "falsification nauséabonde de l’Histoire". Les faits survenus à Srebrenica sont un grand traumatisme pour les Pays-Bas. Le gouvernement avait été forcé de démissionner en 2002 après une enquête. "Le ton d’Erdogan est devenu encore plus hystérique", a-t-il dit.

Erdogan cible aussi l’Allemagne, qu’il accuse de "soutenir des terroristes" kurdes et des auteurs de la tentative de coup d’État de juillet. Berlin a accusé le président turc de chercher à se poser en victime de l’Europe afin de remporter le référendum du 16 avril prochain. Par ailleurs, le Land de la Sarre a interdit ce mardi aux responsables étrangers tout meeting sur son territoire.

La Turquie s’est est prise aussi à la décision de la Cour de justice de l’UE sur le port du voile. Cette décision ne ferait que "renforcer les courants anti-musulmans et xénophobes" a écrit sur Twitter le porte-parole d’Erdogan.

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