La Croatie espère rejoindre au plus vite l'espace Schengen

Le premier ministre croate Andrej Plenkovic. ©AFP

La Croatie assure depuis le 1er janvier la présidence tournante de l’Union européenne, six ans après son intégration.

"Une Europe forte dans un monde de défis." Le slogan choisi par les autorités de Zagreb résume les sérieuses ambitions du petit pays des Balkans pour sa première présidence de l’UE. Le programme bâti repose sur quatre piliers: une Union "qui se développe", "qui se connecte", "qui se protège" et "qui est influente". À Bruxelles, on salue le sérieux de la préparation, minutieusement élaborée par le gouvernement d’Andrej Plenković.

Ancien eurodéputé, le Premier ministre croate est en effet un europhile convaincu. Cela lui vaut même d’être considéré comme un modéré au sein de son parti, l’Union démocratique croate (HDZ), engagé depuis plusieurs années dans une "droitisation", incarnée par la présidente sortante, Kolinda Grabar-Kitarović. Celle-ci brigue un nouveau mandat et sera favorite pour le second tour de l’élection, qui se tient dimanche 5 janvier face au social-démocrate Zoran Milanović, chef du gouvernement de 2011 à 2016.

Brexit et élargissement

La libre circulation est un argument pour attirer les touristes.

Malgré cette dérive nationaliste, qui vise surtout à satisfaire son électorat très conservateur, l’exécutif croate réclame encore plus d’Europe. Zagreb espère ainsi rejoindre au plus vite l’espace Schengen, la libre circulation étant un argument de plus pour attirer les touristes, alors que le secteur porte à bout de bras l’économie nationale. C’est avec le même objectif que le pays a demandé son adhésion au Mécanisme de change européen, premier pas dans le processus menant à l’euro.

Au moment où l’UE est fragilisée par le Brexit, Zagreb voudrait desserrer les cordons de la bourse pour favoriser la cohésion de ses membres. Pour la Croatie, l’urgence à soutenir les territoires les moins développés est d’autant plus grande que le pays se vide de ses forces vives, qui émigrent massivement vers l’Allemagne ou l’Autriche. L’exode est tel que le pays fait aujourd’hui face à une pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.

L’autre priorité du mandat croate sera l’élargissement aux Balkans occidentaux. La Croatie, qui entretient toujours des relations compliquées avec la Serbie et la Bosnie-Herzégovine voisines, assure néanmoins vouloir "continuer une politique d’élargissement crédible et efficace". Un sommet UE-Balkans occidentaux se tiendra à Zagreb en mai, six mois après le "non" de la France à l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine du Nord. "Nous soutiendrons ce qui est réaliste et possible", a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Gordan Grlić Radman, qui a reconnu que le dossier était sensible.

Pour le petit pays d’à peine plus de 4 millions d’habitants, difficile toutefois d’espérer faire bouger les lignes européennes durant ce semestre chargé. Non seulement parce que l’Union apparaît toujours aussi fracturée au moment où commence le mandat de la nouvelle Commission d’Ursula von der Leyen, mais aussi parce que l’exécutif croate peine lui-même à afficher une ligne claire, le parti conservateur au pouvoir étant tiraillé entre des souverainistes pro-Orban et des europhiles proches de la CDU.

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