"La décote de la dette grecque est nuisible"

Une bannière tirée devant le ministère de l'Intérieur à Athènes. Le message est un appel à la manifestation:"Le seul moyen...tous ensemble dans les rues".

Un allègement de la dette souveraine grecque est inutile et même nuisible à la Grèce et à toute la zone euro, estime le Chypriote Athanasios Orphanides, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, dans un entretien publié dimanche dans le quotidien Kathimerini.

Protestant contre la décision prise par les Européens, l'économiste chypriote Athanasios Orphanides, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, rappelle que l'effort réclamé aux créanciers privés d'Athènes, qui vont devoir tirer un trait sur une partie de la dette grecque, a alimenté l'inquiétude sur un possible défaut partiel dans d'autres pays de l'Eurogroupe.

"Une décote possible de la dette grecque est inutile et nuisible à la Grèce et à la zone euro dans son ensemble. Je maintiens cette analyse", dit-il dans les colonnes du quotidien chypriote Kathimerini.

Les dirigeants de la zone euro sont convenus le 27 octobre dernier de relever la participation du secteur privé au plan de sauvetage de la Grèce, appelant les banques et assureurs privés à accepter une réduction de 50% de leurs créances grecques.

Pour Orphanides, ces responsables politiques ont "imposé" cette décote. "A mon sens, imposer une décote sur la dette grecque n'a jamais été la façon la plus efficace de résoudre la crise de la dette souveraine dans la zone euro", ajoute-t-il.

"Malheureusement, la dégradation qui est observée dans la zone euro était, je le crois, absolument prévisible", poursuit-il.

En outre, estime l'économiste chypriote, forcer le secteur privé à accepter un défaut partiel de la Grèce fait craindre que ce scénario se reproduise dans d'autres pays de la zone euro.

"Ces inquiétudes ont déjà eu pour effet d'augmenter significativement le coût global de l'emprunt dans la zone euro, un développement que nous payons cher", argumente-t-il.

"C'est pourquoi le président (Jean-Claude) Trichet (ndlr, dont le mandat à la tête de la BCE s'est achevé fin octobre) et d'autres banquiers centraux ont tenté d'exhorter les gouvernements à éviter de telles décisions."

L'objectif du nouveau gouvernement athénien est de convaincre les créanciers de poursuivre le versement de l'aide au pays en échange du maintien de la politique d'austérité prévue dans le plan 2012-2015 adopté en juin, avant d'entamer la mise en oeuvre de l'accord européen du 27 octobre sur la deuxième aide.

Cette aide prévoit une perte de 50% pour les détenteurs privés d'obligations grecques, qui doit permettre à la Grèce d'effacer 100 milliards sur une dette publique totale de plus de 350 milliards d'euros. Elle prévoit aussi une nouvelle aide de 130 milliards, dont 30 milliards seront affectés au renforcement des banques.

Or, le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos a jugé "urgent" le lancement cette semaine de la procédure d'effacement partiel de la dette grecque détenue par les créanciers privés.

 

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