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La Défense belge va renforcer ses capacités de renseignement spatial

©AFP

La Belgique participe au programme français de satellites de détection de nouvelle génération (CSO), dont le premier exemplaire doit être lancé ce mardi.

Le fait est peu connu: la Belgique, qui participe au programme de satellite Helios 2, possède une petite capacité de renseignement spatial. Et cette compétence va bientôt être améliorée avec la mise en orbite de satellites de nouvelle génération. 

Une fusée Soyouz lancera en effet mardi depuis Kourou (Guyane française) le satellite français d'observation CSO-1 (Composante spatiale optique), dont la mise en orbite marquera le début du renouvellement des moyens spatiaux militaires de la France, mais aussi d’autres pays. 

Ce satellite, qui fournira des images très haute résolution, sera rejoint par deux autres en 2020 puis en 2021 pour former une constellation de nouvelle génération. Le programme, d’un coût de 920 millions d'euros, est destiné à remplacer les actuels satellites d'observation militaires français de deuxième génération Helios 2A et 2B, fruit d'une coopération multilatérale à cinq pays (France, Belgique, Espagne, Italie et Grèce). 

Deux des satellites CSO accompliront des missions de reconnaissance à 800 km d'altitude. Un autre mènera des missions d'identification, à 480 km d'altitude. Par rapport à ses prédécesseurs, CSO produira plus d'images (environ 800 par jour), sera plus agile dans la prise de vue et ses images seront mieux localisées, associant couleur, noir et blanc et infrarouge, et d'une résolution inégalée en Europe.

L'Allemagne, la Belgique et la Suède ont signé avec Paris des accords bilatéraux pour accéder à cette capacité d'observation. L'Italie devrait prochainement être associée.

La Belgique pourra obtenir des images des satellites CSO à partir de la mi-2020 après avoir aménagé les infrastructures du centre géospatial de l'armée, installé au sein du quartier Reine Elisabeth à Evere.

Notre pays doit consacrer au total près de 150 millions d'euros à sa participation au programme CSO. 

Un ticket d’entrée

La Politique scientifique (Belspo) a amorcé en 2013 la pompe des paiements pour concrétiser cette participation en versant 49 millions d'euros comme ticket d'entrée, ce qui a permis certains retours industriels. La Défense a enchaîné en décidant en septembre 2017 d'investir 98 millions d'euros: quelque 88 millions pour obtenir le droit de programmer de manière autonome les satellites afin d'obtenir durant douze ans des images exclusives et dix pour les travaux d'infrastructures, dont une nouvelle station-sol à Evere pour recueillir et traiter les images venues de l'espace. Celles-ci seront utilisées par la Défense, mais aussi par d'autres services fédéraux, comme le SPF Affaires étrangères et la police fédérale.

La réalisation du système a été confiée aux deux géants européens du spatial, Thales Alenia Space et Airbus Defense and Space. Selon Belspo, un retour industriel à concurrence du montant investi par la Politique scientifique a profité à plusieurs entreprises belges, dont Sonaca, EHP (détenue par Airbus), TAS Belgium, Spacebel et Amos.

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