La dépendance énergétique de l'Espagne et du Portugal en ligne de mire

La péninsule ibérique dispose d’importantes ressources, notamment en énergies renouvelables. ©REUTERS

L’Europe a fait mercredi un nouveau pas pour réduire sa dépendance en énergie importée, notamment de Russie, lors d’un sommet franco-luso-espagnol à Madrid visant à relier la péninsule ibérique aux réseaux électrique et gazier européens.

L’Europe a fait mercredi un nouveau pas pour réduire sa dépendance en énergie importée, notamment de Russie, lors d’un sommet franco-luso-espagnol à Madrid visant à relier la péninsule ibérique aux réseaux électrique et gazier européens.

Madrid a accueilli mercredi 4 mars un sommet franco-luso-espagnol consacré aux interconnexions électriques avec pour objectifs d’étoffer le plan du président de la Commission Jean-Claude Juncker, sur la sécurité énergétique de l’Union européenne, et de renforcer les liens entre la péninsule ibérique, avec ses importantes énergies renouvelables, et les réseaux européens.

À la réunion, ont assisté les premiers ministres espagnol et portugais, Mariano Rajoy et Pedro Passos Coelho, le président français François Hollande, le président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Werner Hoyer, le commissaire européen à l’Energie et au climat, Miguel Arias Cañete ainsi que M. Juncker.

Le plan de ce dernier, présenté le 25 février, ambitionne de créer une Europe de l’Énergie, pour la rendre moins dépendante des importations de gaz russe, en favorisant l’intégration des politiques énergétiques nationales et faire de l’Union européenne un modèle dans la lutte contre le changement climatique.

Île électrique

La péninsule ibérique, souvent qualifiée "d’île électrique" du fait de son manque de réseaux tournés vers l’extérieur, a beaucoup à gagner dans cette nouvelle stratégie.

"Les interconnexions sont vitales pour l’Espagne et le Portugal."
Luis de Guindos
Ministre espagnol de l’économie

"Les interconnexions sont vitales pour l’Espagne et le Portugal", rappelait vendredi le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos. Elles permettent d’exporter l’énergie renouvelable, éolienne ou solaire, (25% de la production du Portugal, 17% de celle de l’Espagne) lors des pics de production ou au contraire d’importer du courant quand la production chute.

Les deux pays espèrent bénéficier d’une part importante du plan stratégique de M.Juncker, qui devrait mobiliser 315 milliards d’euros d’investissements publics et privés d’ici trois ans.

Le sommet de Madrid avait prévu de valider un projet de câble sous-marin de 400 kilomètres à travers le Golfe de Gascogne en sécurisant son financement, 1,6 milliard d’euros. Cette connexion permettra de doubler les capacités d’échange entre la France et l’Espagne.

Gazoduc

Mais le courant entre les deux capitales ne passe aussi bien lorsqu’il s’agit d’aborder des projets plus ambitieux. Le gouvernement de Mariano Rajoy voudrait connecter son réseau de gazoduc à la France et au reste de l’Europe, pour, affirme-t-il, réduire la vulnérabilité et la dépendance de cette dernière en gaz russe.

L’Espagne voudrait ainsi se faire reconnaître comme une plateforme énergétique d’importance stratégique pour l’Europe, avec le gaz qu’elle importe d’Algérie par gazoduc et ses six terminaux méthaniers pour le gaz naturel liquéfié importé du reste du monde.

Mais la France reste plus prudente sur ce point et insiste pour étudier la faisabilité et la rentabilité des projets, qui, devrait, d’après Paris, être entièrement financé par l’Union européenne.

Ligne haute tension

Premier pas de cette nouvelle "Europe de l’Énergie", l’inauguration, le 20 février dernier, par Mariano Rajoy et le Premier ministre français Manuel Valls, d’une ligne souterraine à très haute tension entre Baixas dans les Pyrénées-Orientales, et Santa Llogaia, en Catalogne, après quinze ans de débats sur le tracé.

"C’est un projet d’une importance capitale à replacer dans la perspective du plan Junker avec le financement de projets productifs et stratégiques", avait alors souligné M. Rajoy, en rappelant l’objectif fixé à 10% de la capacité d’interconnexion entre les états européens. Objectif encore lointain. Elle ne représente en fait, après l’ouverture de la ligne catalane, que 2,7% de la capacité installée, le pourcentage le plus bas de l’Union européenne.

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