"La désinformation à l'ère du coronavirus peut tuer"

Pour Josep Borrell, le Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères, la désinformation en pleine pandémie de coronavirus peut s'avérer mortelle. ©REUTERS

L'Union européenne, alertée par des vagues de désinformation sur le coronavirus, demande aux plateformes internet Google, Facebook, Twitter, Mozzila et Tik Tok d'accroître leurs efforts pour lutter contre les fausses informations.

L'Union européenne a appelé mercredi les géants du net à accroître leurs actions pour lutter contre la vague de désinformation sur l'épidémie de coronavirus.

Invitation à boire de l'eau de javel, attaque contre les vaccins, fausses informations sur la 5G, conseil de ne pas se laver les mains... Durant la pandémie, des acteurs étrangers, le plus souvent russes et chinois, ont diffusé en Europe de fausses informations sur le coronavirus pour décrédibiliser l'Union. L'unité spéciale East StratCom, du Service européen d'action extérieure, a détecté environ 550 articles porteurs de fausses informations. Ces campagnes de désinformation sont répertoriées sur le site euvsdisinfo.

"La pandémie s'est accompagnée d'une infodémie massive", a dénoncé Josep Borrell, le Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères, "la désinformation à l'ère du coronavirus peut tuer". La Commission européenne a invité les plateformes internet à remettre un rapport mensuel sur leur lutte contre la désinformation sur le covid-19. Elle a également suggéré une série d'actions, comme intensifier la coopération avec les vérificateurs de faits et développer des systèmes d'alerte rapide.

"Dans le monde actuel, fondé sur la technologie, où les guerriers manient le clavier plutôt que l'épée et où les opérations d'influence ciblées et les campagnes de désinformation sont une arme reconnue utilisée par des acteurs étatiques et non étatiques, l'UE a décidé d'accroître ses capacités pour lutter contre ces pratiques."
Josep Borrell
Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères

"Les plateformes en ligne ont pris des mesures positives au cours de la pandémie, mais elles doivent accentuer leurs efforts", a dit Vera Jourova, la vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la Transparence. L'exécutif européen a insisté sur le rôle de l'Observatoire européen des médias numériques, opérationnel depuis début juin.

"Dans le monde actuel, fondé sur la technologie, où les guerriers manient le clavier plutôt que l'épée et où les opérations d'influence ciblées et les campagnes de désinformation sont une arme reconnue utilisée par des acteurs étatiques et non étatiques, l'UE augmente ses capacités pour lutter contre ces pratiques", a ajouté Josep Borrell.

Google retire 80 millions de fausses annonces

La collaboration entre les géants du net, Google, Facebook, Twitter, Mozilla et la Commission s'est améliorée ces derniers mois. Elle est encadrée par le Code de conduite européen sur la lutte contre la désinformation en ligne, que l'application chinoise de partage de vidéos Tik Tok vient de rejoindre. 

"Le mensonge n'est pas nouveau. Ce qui m'effraie, c'est la crédulité face à ce mensonge."
Vera Jourova
Vice-présidente de la Commission européenne

Le moteur de recherche Google a accru ses efforts durant la pandémie, par exemple en retirant plus de 80 millions de fausses annonces liées au Covid-19. Mais l'UE veut aller plus loin et exige des plateformes qu'elles "rendent des comptes plus détaillés" sur le flux d'informations autour du coronavirus et sur leur monétisation par la publicité.

 

La vice-présidente de la Commission européenne, Vera Jourova, a pris la défense de Twitter face au président des États-Unis, Donald Trump. ©EPA

Pour la Commission, la désinformation met en danger la vie des Européens. Vera Jourova a invoqué une étude de l'université d'Erfurt selon laquelle le nombre d'Allemands prêts à être vaccinés contre le Covid-19 a reculé de 20% en 2 mois suite aux campagnes contre les vaccins. "Le mensonge n'est pas nouveau. Ce qui m'effraie, c'est la crédulité face à ce mensonge", a-t-elle dénoncé. L'origine de ces campagnes ne fait aucun mystère. "Les acteurs étrangers incriminés, c'est la Russie et la Chine. Nous avons suffisamment de preuves", a dit Vera Jourova.

L'UE soutient Twitter contre Trump

La vice-présidente a salué la réaction de Twitter au message du président des États-Unis Donald Trump après la mort de George Floyd. La plateforme avait masqué le message, avertissant qu'il faisait l'apologie de la violence. Le contenu restait accessible après l'avertissement. "Twitter n'a pas supprimé sa déclaration, mais il a complété en ajoutant des faits. C'est ce que nous voulons", a-t-elle dit.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés