La droite et l'extrême droite, gagnants du Brexit

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Le Brexit va provoquer une secousse au Parlement européen, avec le départ des 73 élus britanniques. Les libéraux et les Verts européens seront les perdants de l’opération.

Samedi 1er février à minuit, heure d’Europe centrale (HEC), le Royaume-Uni quittera l’UE. L’une des conséquences importantes du Brexit sera le départ des 73 eurodéputés britanniques. Une secousse démocratique, dont l’issue a été réglée de longue date. L’hémicycle rétrécira de 751 à 705 députés.

Les sièges laissés vacants par les Britanniques ne disparaîtront pas tous. Le Parlement en a profité pour faire un rééquilibrage en fonction de l’évolution démographique.

Vingt-sept sièges iront à 14 pays dont la population s’est agrandie. La France et l’Espagne sont les grands bénéficiaires, avec chacune cinq députés supplémentaires. Viennent ensuite l’Italie et les Pays-Bas, qui recevront trois sièges de plus, et l’Irlande deux. Un siège ira à 9 autres pays (Pologne, Roumanie, Suède, Autriche, Danemark, Slovaquie, Finlande, Hongrie et Estonie).

La Belgique ne recevra aucun siège supplémentaire. Pas plus que l’Allemagne, bien servie avec 99 élus.

La Belgique ne recevra aucun siège supplémentaire. Pas plus que l’Allemagne, bien servie avec 99 élus.

Les libéraux, Verts et socialistes perdent des élus

Les conséquences politiques sont réelles. Le départ des 73 élus britanniques fera maigrir la coalition démocrate chrétienne (PPE), socialiste (S&D), libérale (RE) de 444 sièges à 432. La majorité absolue passera de 376 sièges à 353.

La démocratie chrétienne (PPE), récupérera cinq sièges. La première famille politique d’Europe, dont est issue la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, fait une bonne affaire.

L’extrême droite aussi. Le groupe, ID, de Marine Le Pen et Matteo Salvini, gagnera trois députés. Ce saut lui permet de dépasser le groupe des Verts et de devenir le quatrième parti du Parlement. Les écologistes, privés de 7 députés, sont l’un des perdants du Brexit. Renew Europe, le groupe libéral fondé par Emmanuel Macron, en perdra encore plus, avec une hémorragie de onze sièges. Il reste toutefois le troisième parti d’Europe.

Le groupe, ID, de Marine Le Pen et Matteo Salvini, gagnera trois députés.

Les socialistes (S&D) avaient déjà perdu des élus lors des dernières élections. Le Brexit leur en coûtera six. L’extrême gauche (GUE), par contre, n’en perdra qu’un seul.

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Indemnités

Quant aux députés britanniques, ils rentrent au pays avec une indemnité de 2 ans maximum en fonction des années prestées. Ceux qui ont été élus pour la première fois en mai 2019 n’ont droit à rien.

Les députés britanniques rentrent au pays avec une indemnité de 2 ans maximum en fonction des années prestées.

Comble de l’ironie, Nigel Farage, député depuis vingt ans, destructeur méthodique du lien entre le Royaume-Uni et l’UE, a droit à une indemnité de 180.000 euros. Il prétend qu’il n’en touchera pas un centime car "le Parlement refuse de lui payer". "Faux, il n’a pas demandé son indemnité", dit-on au Parlement. De toute façon, le père du Brexit bénéficiera d’une pension à vie équivalente à 70% de son salaire d’eurodéputé.

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