La droite française exclut les proches de Macron

Emmanuel Macron ©REUTERS

Les Républicains ont voté ce mardi l'exclusion des ministres s'étant ralliés au président Emmanuel Macron. Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, en fait partie. Quant au Premier ministre Edouard Philippe, il a annoncé son départ la semaine dernière.

Les Républicains ont voté ce mardi l'exclusion de Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu, Thierry Solère et Franck Riester. Une trentaine de cadres, dont Gérard Larcher, Christian Jacob, Laurent Wauquiez et Eric Ciotti, se sont rendus au bureau politique, duquel étaient absents plusieurs figures majeures du parti, comme Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand.

"Le bureau politique a adopté une délibération d'exclusion formelle de MM. Darmanin, Lecornu, Riester et Solère", précise-t-on de source proche de la direction. Le cas du Premier ministre, Edouard Philippe, n'a pas fait l'objet d'un vote puisque le parti avait déjà "pris acte" de son départ la semaine dernière.

→ Plusieurs choix s'offrent désormais aux bannis:

  • Fonder un nouveau parti
  • Trouver refuge dans une structure existante, comme l'a déjà fait Bruno le Maire en prenant la carte de La République en marche, le parti de Macron
  • Garder leur indépendance

Les discussions parfois houleuses sur l'opportunité de sanctionner les réprouvés témoignent des débats plus profonds qui travaillent LR depuis l'élection d'Emmanuel Macron, certains comme Nadine Morano qualifiant les partants de "traitres", d'autres les voyant comme les serviteurs d'un politique authentiquement de droite.

"Le parti Les Républicains fait ce soir honte aux valeurs du gaullisme et du rassemblement", a réagi le maire de Nice, Christian Estrosi, sur Twitter. "Pauvre démonstration de force pour un parti qui en manque si cruellement."

Pourquoi les exclure?

L'affaire a commencé en mai, lorsque des figures de la droite, un "juppéiste" (Edouard Philippe), un proche de Xavier Bertrand (Gérald Darmanin) et un ex-candidat à la primaire de 2016 (Bruno Le Maire), ont rejoint un gouvernement composé par Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron ©REUTERS

Puis, dans la foulée des législatives de juin, une dizaine de députés ont fait sécession sous la houlette de Thierry Solère et Franck Riester pour créer un nouveau groupe parlementaire, les Constructifs.

La procédure disciplinaire, engagée en juillet, s'est étalée sur plus de trois mois, afin de ne pas parasiter la campagne des sénatoriales et de laisser aux dissidents l'occasion de s'expliquer devant une commission ad-hoc.

Les responsables LR n'ont pas perdu espoir de faire revenir les membres du groupe constructif, hors meneurs, qui disposent donc d'un délai supplémentaire - au moins jusqu'à la fin novembre - et pas encore assorti de menaces claires d'exclusion.

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