La France ciblée par des attaques haineuses d'islamistes radicaux

Au Pakistan, comme dans d'autres pays musulmans, des manifestants ont brûlé des portraits du président français Emmanuel Macron. ©EPA

La tension monte entre la France, la Turquie et les pays arabes suite à la décapitation du professeur français Samuel Paty. Le président Erdogan a insulté son homologue français. Des cyberattaques ont été déclenchées contre des sites français.

Cyberattaques, insultes du président Erdogan contre le chef d'État français, menaces de boycott... Le ton est monté ces derniers jours, après les déclarations du président français Emmanuel Macron lors de la cérémonie d'hommage à Samuel Paty, l'enseignant décapité pour avoir montré à ses élèves des dessins de Charlie Hebdo sur le prophète Mahomet. "Nous ne renoncerons pas aux caricatures", avait dit Emmanuel Macron.

Les propos ont déclenché une vague de colère dans le monde arabe. En Arabie saoudite, en Jordanie, au Qatar, des religieux influents, comme l'ouléma saoudien Ayman Safadi, ont condamné l'attitude président français. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs grandes villes. A Gaza, des photos d'Emmanuel Macron ont été brûlées.

"Nous ne renoncerons pas aux caricatures."
Emmanuel Macron
Président de la République française

Des appels aux boycotts ont été lancés contre les produits français, et appliqués par les chaines de supermarchés dans certains pays comme le Qatar.

Cyberdjihadisme

L'attaque de Samuel Paty a été précédée par une vague de harcèlement sur les réseaux sociaux. Son assassin, très actif sur Twitter, était allé jusqu'à poster une photo du corps décapité. Son compte avait ensuite été bloqué. Sur Facebook et Twitter, des islamistes radicaux s'étaient ensuite déchaînés contre le professeur.

Ces attaques ont pris une plus grande ampleur. Ce week-end, plusieurs sites internet d'entreprises françaises ont été ciblés par des cyberattaques, coordonnées et venant de l'étranger, faisant l'apologie du meurtre de Samuel Paty. Des messages appelant à la haine et au djihadisme, comme "#Vous_avez_la_liberté_d'expression_et_nous_sommes_libres_de_décapiter" ont été postés des centaines de fois sur les réseaux sociaux. D'autres messages ont menacé la France d'une "apocalypse", l'exhortant à "demander pardon". Selon l'"European Strategic Intelligence and Security Center" (ESIC), ces attaques proviendraient de hackers installés au Bangladesh.

Le président Erdogan insulte Macron

Samedi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a publiquement remis en question la "santé mentale" du président Emmanuel Macron. Cette insulte est lancée alors qu'Ankara alimente des tensions avec Chypre et la Grèce en procédant à des recherches sismiques dans les eaux territoriales des deux pays. Cet été, un navire de guerre turc surveillant les forages avait provoqué une frégate française, le Courbet, en allumant ses radars de tirs à plusieurs reprises.

"Plutôt qu'un agenda positif, la Turquie choisit les provocations, les actions unilatérales en Méditerranée et maintenant les injures."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Charles Michel réplique à Erdogan

La France a rappelé son ambassadeur en Turquie. Le président du Conseil européen, Charles Michel a condamné sur Twitter les propos d'Erdogan. "Plutôt qu'un agenda positif, la Turquie choisit les provocations, les actions unilatérales en Méditerranée et maintenant les injures", a-t-il écrit. Le Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères a jugé les paroles du président turc "inacceptables" et lui a demandé "cesser cette spirale dangereuse de confrontation". La Commission européenne, plus diplomate, a appelé à "maintenir les conditions d'un dialogue avec la Turquie", tout en reconnaissant que "les conclusions d'Erdogan ne sont pas acceptables".

Lors du dernier sommet européen, l'Europe a laissé le choix à la Turquie de cesser ses forages, et s'engager dans le dialogue et l'Union douanière, ou se voir imposer des sanctions économiques importantes. Ces sanctions pourraient tomber d'ici décembre si la situation ne s'améliore pas.

Concernant les menaces de boycott contre la France, la Commission européenne a précisé qu'aucun gouvernement étranger n'avait officiellement appelé au boycott, "si c'était le cas, nous devrions examiner la situation", a-t-il dit.

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