La France dégradée en pleine campagne

Vendredi 13... jour maudit ou jour de chance ? Pour le sommet de l'Etat français, ce fut un mauvais jour avec l'annonce d'une dégradation de la note de sa dette par S&P. Mais le président, candidat à sa réélection, ne s'exposera pas. La nouvelle était attendue et l'opinion préparée.

Le fait que l'Allemagne soit épargnée par S&P confirme ce que l'on martèle aux Français : ils ne jouent pas dans la même catégorie que des Allemands vertueux, qui ont su faire les bonnes réformes et les sacrifices à temps. Un message que beaucoup ont intégré. " On a vécu au dessus de nos moyens, cela ne pouvait pas continuer " entend-on souvent. S&P a désormais ses marionnettes aux " Guignols de l'info ", l'émission satirique de Canal+, sous forme de jumeaux de financiers américains qui traitent la France comme un pays du tiers monde.

Mais cette résignation n'empêche pas la peur révélée par les sondages des conséquences d'une dégradation : hausse du coût des crédits, de la dette, aggravation de l'austérité...

Dès lors, le président qui sera élu en mai prochain est celui qui aux yeux des Français saura faire face. La perte du triple A était, bien avant hier, un argument de campagne. François Hollande, le favori des sondages, a déjà promis de relever la France " abaissée, abîmée et dégradée " qu'il trouvera s'il est élu.

A 100 jours de l'élection présidentielle, tous les candidats ont déjà prédit des lendemains difficiles, annoncé l'urgence de réduire la dette. Tous les rivaux de Nicolas Sarkozy pour le futur scrutin ont estimé que la dégradation marquait l'échec de la politique menée depuis 5 ans. De fait, le président avait fait de la défense du triple A le point clé de son action. Le camp présidentiel répète que quand l'heure est grave, on ne change pas de capitaine. L'argument en séduira certains.

Isabelle Repiton, à Paris

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