La France engage un tour de vis sécuritaire

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Après le chaos sur les Champs Elysées, Edouard Philippe a énoncé ce lundi toute une série de mesures destinées à reprendre le contrôle.

De retour d’un week-end à la neige écourté, Emmanuel Macron avait demandé dimanche à son gouvernement des "réponses fortes" à l’égard des émeutes de samedi sur les Champs Elysées. Lundi après-midi depuis l’hôtel Matignon, puis plus tard dans la soirée au 20 heures de France 2, Edouard Philippe a donc égrené plusieurs dispositions visant à neutraliser les émeutiers. Avec l’interdiction des manifestations problématiques à Paris, Toulouse ou Bordeaux, l’instauration de contraventions augmentées (de 35 à 138 euros), l’engagement de la responsabilité financière des casseurs, le Premier ministre et son ministre de l’Intérieur Christophe Castaner ont clairement changé de braquet.

Le préfet de police Michel Delpuech a été limogé et sera remplacé par un homologue "à poigne".

Face aux dysfonctionnements dans le dispositif du maintien de l’ordre samedi, le préfet de police, Michel Delpuech, a en outre été limogé et sera remplacé par un homologue "à poigne" selon les mots du ministre de l’Intérieur qui s’exprimait en fin d’après-midi sur LCI. En outre, l’appareil répressif sera revu et organisé avec des unités anti-casseurs et un commandement général unifié. La liberté de réaction des policiers, CRS ou gendarmes sera plus grande, de même que leur latitude à utiliser les fameux lanceurs de balles de défense (LBD). Sur France 2, Edouard Philippe a admis que l’emploi de ces armes, accroîtrait les risques de blessures. De son côté, le Sénat a convoqué dès ce mardi le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et celui de l’Economie Bruno Le Maire pour faire un point sur les moyens sécuritaires mis en place samedi. L’institution veut aussi évaluer les conséquences financières directes ainsi que les dommages collatéraux sur l’attractivité économique de la France.

Une note déjà salée

Par ailleurs, l’image du Président français au ski alors que les Champs Elysées étaient livrés au chaos, risque d’affecter un regain de popularité acquis grâce au grand débat qu’il avait mis en place. Il faut dire que les dégâts occasionnés par les violences de samedi sur les Champs Elysées sont impressionnants. Les dégradations et les pillages ont eu lieu sur toute la longueur et les deux bords de la célèbre avenue parisienne. Ils devraient alourdir une note nationale déjà salée, établie à 170 millions d’euros par les assureurs pour les week-ends précédents, sans compter les frais engagés par l’Etat pour le maintien de l’ordre.

Selon la Fédération française de l’assurance, 10.000 déclarations de sinistres ont été recensées et elle évalue à 30 à 40% les entreprises non couvertes par le manque à gagner. La composition précise des casseurs attend d’être précisée. Entre les black blocs auxquels se seraient mêlés des éléments étrangers en provenance d’Allemagne ou de Belgique comme l’a relevé un spécialiste et la participation de gilets jaunes dits "ultras" ou "radicalisés", les hypothèses prennent le pas sur les certitudes. Enfin, il est possible, si l’on en croit certains leaders des gilets jaunes, que l’action puisse se porter désormais sur les ports ou les raffineries, ce qui obligerait le gouvernement à une nouvelle adaptation.

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