"La France n'a pas déclaré la guerre au régime d'Assad"

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Sur le plateau avec vue sur la Tour Eiffel installé par BFM TV, RMC et Mediapart au Palais de Chaillot, le président français a fait le point sur sa politique internationale et nationale. Il est également revenu sur les mouvements sociaux qui touchent le pays.

Sur fond de contestation sociale et au lendemain de la première opération militaire déclenchée sous sa présidence en Syrie, Emmanuel Macron a accordé dimanche soir sa deuxième interview télévisée en direct en moins d'une semaine. Il s'est présenté comme étant au coeur du jeu diplomatique mondial. Il a avancé le caractère juste de sa politique face aux critiques lors d'un entretien télévisé musclé.

Voici ses principales déclarations: 

→ La Syrie: "Nous avons réussi l'opération sur le plan militaire puisque l'intégralité des missiles qui ont été tirés ont atteint leurs objectifs et les capacités (du régime) de production d'armes chimiques ont été détruites. Nous sommes intervenus de manière légitime dans le cadre multilatéral (...). Nous étions arrivés à un moment où cette frappe était indispensable pour pouvoir redonner de la crédibilité à la parole de notre communauté" internationale. (...) La France n'a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al Assad. Nous avons œuvré pour que le droit international ne soit plus violé, ainsi que les résolutions de l'Onu."

→ Donald Trump: "Il y a dix jours, le président Trump disait les Etats-Unis ont vocation à se désengager de la Syrie, nous l'avons convaincu qu'il était nécessaire d'y rester, nous l'avons convaincu qu'il fallait rester dans la durée. Nous l'avons aussi convaincu qu'il fallait limiter ces frappes aux armes chimiques alors qu'il y a eu des emballements médiatiques par voie de tweet."

→ Russie: "Bien sûr qu'ils sont complices, ils n'ont pas eux utilisé le chlore mais ils ont construit méthodiquement l'incapacité de la communauté internationale par la voie diplomatique à empêcher l'utilisation d'arme chimique. Je serai à Saint-Petersbourg au mois de mai (...) nous parlons avec tout le monde"

→ SNCF: "A partir du 1er janvier 2020, l'Etat reprendra progressivement la dette de la SNCF."

→ Notre-Dame-Des-Landes: "Vous me parlez d'une colère aujourd'hui mais la colère de qui? Les gens qui depuis des années bloquaient un endroit où on devait construire un aéroport et que finalement on ne construit pas ? Qui viennent continuer à protester ? Je considère que celle-là, elle n'est pas légitime. Il y a des gens qui n'aiment plus l'ordre républicain. Moi, je considère qu'il est juste et qu'il protège nos concitoyens les plus modestes."

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Le climat social: "J'entends toutes les colères, il y a des colères qui sont légitimes, qui correspondent à des réformes en cours. Vous parlez des cheminots, c'est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j'assume et une réforme que nous mènerons jusqu'à son terme. Je ne souscris en rien au fait qu'il y aurait une coagulation des luttes." (...) "Mon objectif reste de réconcilier et d'unir le pays mais on ne l'unira pas par l'inaction, en cédant à la tyrannie de certaines minorités qui se sont habituées à ce qu'on leur cède, en refusant de transformer le pays parce que c'est le mandat sur lequel j'ai été élu."

3,8 millions de téléspectateurs
Audimat
L'interview d'Emmanuel Macron dimanche soir a été suivie par 3,8 millions de téléspectateurs, avec un pic d'audience de 4,23 millions à 20h58.

"Il y a une colère dans le pays, elle remonte d'il y a longtemps, c'est la colère qui est liée au fait que nous n'avons pas réglé les problèmes de fond de ce pays, que des injustices se sont installées, auxquelles nous nous attaquons depuis le début de ce quinquennat"

→ La fiscalité: "J'assume totalement les gestes fiscaux qui ont été faits sur l'impôt sur la fortune lorsque l'argent est réinvesti dans l'économie. (...) Sur les choix qui ont été faits - ISF comme impôt sur les plus-values - le but c'est quoi? De garder les talents et de les attirer et leur permettre de réinvestir dans notre économie. (...) Il n'y aura pas de création d'un nouvel impôt local, ni d'un impôt national, il n'y aura pas d'augmentation de la pression" fiscale d'ici la fin du quinquennat. Concernant une deuxième journée travaillée non-payée pour financer la dépendance, c'est "une piste intéressante".

→ La réforme des retraites: "Le but c'est qu'elle soit votée en 2019. Progressivement, tout le monde va converger dans un système unique avec quelques principes simples. Le premier c'est que le système par répartition continue, je tiens à ce système, il crée une solidarité intergénérationnelle et il est au coeur de la cohésion du pays. Ensuite c'est d'avoir un système beaucoup plus transparent, équitable (...). Dans le cadre de cette négociation, tous les régimes spéciaux auront vocation à converger, à dix ans".

→ Hollande/critiques: "Il a sa part de vérité (...) ces cinq années, j'ai toujours dit ce que je faisais, ce que je pensais, y compris quand il fallait assumer des désaccords. Si c'est ça qu'on appelle la duplicité (...) Il y a un malentendu, moi je ne considère pas qu'être ministre c'est être un obligé"

→ Le port voile: "Le cas des mamans accompagnatrices hors de l'école qui peuvent avoir un foulard (...), je pense que nous devons collectivement être intelligents. Si elles sont en responsabilité pour l'école, elles n'ont pas à porter le foulard parce qu'elle sont sous la laïcité de l'Etat. Si elles sont dans un cadre à côté de cela, elles sont citoyennes, la société n'est pas laïque et leur permet d'avoir le voile. (...) Ça peut être son choix et dans la République nous devons le tolérer (...) Pourquoi ça nous insécurise ce voile? Parce que ce n'est pas conforme à la civilité de notre pays, au rapport qu'il y a entre les hommes et les femmes".

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