La France prolonge ses plus anciens réacteurs nucléaires

Tricastin, dans la Drôme, héberge une des plus anciennes centrales du parc nucléaire français. ©BELGAIMAGE

La prolongation des 32 plus vieux réacteurs nucléaires français de 40 à 50 ans est désormais officielle.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ouvert la voie jeudi à la poursuite de la vie des plus vieux réacteurs en France de 40 à 50 ans, enjoignant l'opérateur EDF de réaliser des travaux pour améliorer leur sûreté.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ouvert la voie jeudi à la poursuite de la vie des plus vieux réacteurs en France de 40 à 50 ans, enjoignant à EDF de réaliser des travaux pour améliorer leur sûreté. Le gendarme du nucléaire a publié une décision, qui était attendue, portant sur les 32 réacteurs de 900 MW, les plus anciens du parc français, mis en service pour l'essentiel dans les années 1980.

L'ASN a fixé dans ce texte les conditions pour qu'ils puissent fonctionner au-delà de leur quatrième "réexamen périodique", qui a lieu tous les dix ans, soit jusqu'à la fin des années 2020 ou 2030, selon la date de mise en service.

"Un premier objectif est de réduire les conséquences des accidents."
Julien Collet
Directeur général adjoint de l'ASN

"L'ASN considère que l'ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu'elle prescrit ouvrent la perspective d'une poursuite de fonctionnement de ces réacteurs pour les dix ans qui suivent leur quatrième réexamen périodique", indique-t-elle.
"L'ASN prescrit la réalisation des améliorations majeures de la sûreté prévues par EDF, ainsi que des dispositions supplémentaires qu'elle considère comme nécessaires."

Améliorer la sécurité

EDF devra ainsi réaliser une série de tests et de travaux pour améliorer la sûreté de ses réacteurs. "Un premier objectif est de réduire les conséquences des accidents et notamment des accidents graves, avec une fusion du coeur du réacteur", a expliqué à l'AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN. Des améliorations sont notamment prévues pour que la radioactivité reste confinée à l'intérieur de l'enceinte en cas d'accident.

"Le deuxième grand volet porte sur le renforcement aux agressions qui peuvent survenir sur ces installations."
Julien Collet
Directeur général adjoint de l'ASN

"Le deuxième grand volet porte sur le renforcement aux agressions qui peuvent survenir sur ces installations", a-t-il poursuivi. Sont visées les agressions externes (séisme, inondation, chaleur extrême…) et internes (incendie…). Enfin, un dernier volet porte sur "le renforcement au niveau de la piscine d'entreposage des combustibles usés", a indiqué Julien Collet.

Ce passage marque une étape significative pour les réacteurs français. Ils avaient été autorisés à l'origine sans limitation de durée de fonctionnement, mais EDF avait initialement envisagé une durée de vie de 40 ans. Les centrales concernées sont les plus anciennes: Bugey (Ain), Blayais (Gironde), Chinon (Indre-et-Loire), Cruas (Ardèche), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Tricastin (Drôme).

La décision annoncée jeudi concerne l'ensemble des réacteurs de 900 MW, qui feront aussi l'objet de préconisations individuelles. La mise en œuvre des améliorations prévues va maintenant s'étaler sur des années.

Greenpeace proteste

Les opposants au nucléaire réclament pour leur part la fermeture des centrales anciennes. "Les réacteurs nucléaires entrent dans une phase de vieillissement inconnue", estime ainsi Greenpeace.

"Dans le nucléaire, on ne peut pas faire du neuf avec du vieux."
Roger Spautz
Greenpeace Luxembourg

Dimanche dernier, des militants de Greenpeace s'étaient introduits sur le site de Tricastin pour alerter sur le vieillissement de la centrale nucléaire et exiger sa fermeture au plus tôt. "Dans le nucléaire, on ne peut pas faire du neuf avec du vieux. Il est matériellement impossible de remettre une vieille centrale comme Tricastin aux normes de sécurité et de sûreté actuelles. En voulant prolonger à tout prix la quasi-totalité du parc nucléaire français, EDF et le gouvernement font un choix risqué, dangereux et coûteux", s’était inquiété Roger Spautz, de Greenpeace Luxembourg.

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