La France reconfinée au moins jusqu'au premier décembre

Ce mercredi soir, avant d'annoncer un reconfinement, Emmanuel Macron a éliminé une série d'autres options (immunité collective, confinement des plus âgés et des plus fragiles, couvre-feu élargi...). ©Photo News

Le Président français s'est décidé, contraint par la situation sanitaire explosive, à remettre l'ensemble du pays sous cloche. A quelques exceptions près.

C'est le scénario que tout le monde redoutait : un reconfinement jusqu'au premier décembre au moins. Et ce, dès ce vendredi. Ce mercredi soir, Emmanuel Macron a détaillé dans une allocution très pédagogique des restrictions similaires à celles de mars dernier à quelques exceptions près. "Le virus circule à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n'avaient pas prédite", a admis le chef de l'Etat français estimant que cette deuxième vague serait sans doute plus dure que la première : "Nous sommes submergés par l'accélération de l'épidémie comme partout en Europe."

5.000
contaminations
Avec ce reconfinement, le gouvernement français espère ramener le nombre de contaminations à 5.000 par jour, contre 10 fois plus aujourd'hui.

Cette virulence sans appel a fini par convaincre Emmanuel Macron qui, jusqu'au bout, s'était opposé à une telle option. En effet, un temps évoqués, le durcissement du couvre-feu ou des reconfinements locaux n'auraient pas suffi à casser la courbe "exponentielle" des contaminations dans un contexte de pré-saturation des hôpitaux. Dès lundi soir, la direction de l'Agence régionale de santé appelait dans une note à une libération en urgence des lits de réanimation : "Plusieurs établissements (...) ont fait face au cours des 72 dernières heures à une accélération des arrivées en réanimation", écrivait-elle. Mardi soir, 2.909 patients Covid, sur 5.800 lits, étaient en soins intensifs. Et puis, il y a aussi le nombre de morts, 523 rapportés ce mardi, si on additionne les décès dans les hôpitaux et ceux dans les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Avec ce reconfinement, le gouvernement espère ramener le nombre des contaminations à 5.000 par jour. Lequel est 10 fois plus important aujourd'hui. 

Plus  éco-compatible 

A ce sentiment de déjà vu s'ajoute toutefois la lassitude. Et surtout le coût économique. Selon le ministre des Comptes publics, un confinement total coûterait 2 à 2,5 points de PIB par mois. Dans ce contexte, Emmanuel Macron a voulu un reconfinement plus souple qu'au printemps dernier. Les crèches, les écoles resteront ouvertes, au même titre que les collèges et les lycées avec un protocole sanitaire révisé. Les facultés, en revanche, dispenseront leurs cours en ligne. Concernant les entreprises, "le télétravail sera généralisé partout où cela est possible", a précisé le Président français. "L'activité va se poursuivre plus activement dans certains secteurs d'activité comme le BTP.. Le gouvernement accompagnera les très petites entreprises qui vont entamer une transition numérique." Enfin, les visites dans les Ehpad et maisons de retraite seront, contrairement à ce qui s'était passé en mars, autorisées. 

Selon le ministre des Comptes publics, un confinement total coûterait 2 à 2,5 points de PIB par mois.

Reste que l'opposition ne mâche plus ses mots pour dénoncer "l'improvisation" du gouvernement. "La deuxième vague, c’est l’échec de la stratégie tester, tracer, isoler", a regretté le député Eric Ciotti (Les Républicains, à droite). Comment les Français réagiront-ils à ces nouvelles contraintes ? Mercredi après-midi, des associations de commerçants étaient déjà vent debout. Un sentiment de ras-le-bol est également perceptible chez certains jeunes. "Il y a eu une crise sanitaire, une crise économique. Il ne faut pas maintenant qu’on ait une crise de confiance qui conduirait éventuellement à de la désobéissance comme cela s'est vu dans d’autres pays", s’est inquiété Philippe Juvin, chef du service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou, craignant une situation similaire à celle de l'Italie où des rébellions émergent. Macron a comme souvent fini son discours par un appel à l'unité nationale. Mais "les jours heureux" dont il parlait en avril semblent désormais bien loin. 

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