La France s'attire les foudres, une fois de plus

©REUTERS

Moody's a revu une nouvelle fois à la baisse sa prévision de croissance pour la France, après la toute dernière modification des objectifs gouvernementaux. L'agence, qui avait abaissé à 0,6% sa prévision de croissance du produit intérieur brut pour 2014 pas plus tard que lundi dernier, l'a de nouveau modifiée une semaine plus tard en la ramenant à 0,5%.

La France manquera son objectif de réduction du déficit public en 2014, ce qui illustre les difficultés rencontrées par l'ensemble de la zone euro, estime lundi l'agence de notation Moody's. Ce qui sera pénalisant pour la note souveraine...

L'échec de Paris à atteindre ses objectifs est un élément négatif pour sa note souveraine, ajoute l'agence, selon laquelle les contraintes pesant sur l'appareil productif français menacent également les perspectives de croissance.

Le gouvernement français a réduit de moitié sa prévision de croissance et reconnu qu'il manquerait son objectif de baisse du déficit public cette année.

Dans une tribune publiée la semaine dernière par Le Monde, le ministre des Finances, Michel Sapin, annonce prévoir une croissance du PIB de l'ordre de 0,5% en 2014 contre 1% prévu auparavant et estime que rien ne permet de prévoir pour 2015 une croissance très supérieure à 1%.

Le déficit public de la France sera supérieur a 4% de PIB cette année, soit davantage que les 3,8% prévus jusqu'alors, ajoute Michel Sapin.

 

• L'unanimité contre eux...

Pendant ce temps, le couple exécutif Hollande/Valls s'attire les foudres des éditorialistes pour son obstination à poursuivre dans la même voie alors que la situation économique et la confiance populaire sombrent: si la croissance de la France est "nulle", ses "dirigeants aussi", ironisent-ils.

"Plus cela va mal, moins il faut changer !", s'emporte Yves Thréard (Le Figaro), fustigeant deux ans et demi de "ratages, hésitations, procrastinations", après les déclarations du Premier ministre assurant qu'il était "hors de question" de changer de politique.

"Une saine colère populaire sanctionnera un jour la politique aberrante imposée depuis bientôt sept ans par la classe dirigeante européenne", prédit Laurent Joffrin (Libération). "Nombre d'économistes, dont quelques Prix Nobel Stiglitz, Krugman, qui ne sont pas des populistes échevelés, l'avaient prédit ; le FMI a fini par le reconnaître: il était destructeur d'ajouter au cilice d'une politique monétaire restrictive le carcan de l'austérité budgétaire", poursuit-il. "Par dogmatisme - et par avidité-, l'oligarchie continentale a passé outre, jugeant que les intérêts de la finance - c'est-à-dire les siens- devaient l'emporter sur ceux du peuple".

Dans l'Humanité, Michel Guilloux attaque un Premier ministre venu des rangs socialistes qui reprend "le cri de guerre des ultralibéraux": "Il n'y a pas d'alternative" et assure que la France vivrait "au dessus de ses moyens". "On entend là mot pour mot le vocabulaire des nantis qui vampirisent les richesses du pays et dont l'idéologie de rentiers nourrit les sacrifices des autres", accuse l'éditorialiste du quotidien communiste. "L'ennemi n'est donc plus la finance depuis longtemps et si guerre (économique) il y a, le pouvoir actuel a choisi son camp".

"On ne changera pas de politique, a répété Manuel Valls. Il aurait pu ajouter qu'on ne changera pas François Hollande non plus", lance Pierre Fréhel (Le Républicain lorrain) au le

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